Drôle de fin d’année pour Alcatel-Lucent. Après avoir chuté à un plus bas historique à 0,71 euro mi-octobre, le titre de l’équipementier télécom n’en finit plus de rebondir. Il gagne encore 8,5% mardi à la clôture, à 1,04 euro. Certes, ce rebond n’efface pas les pertes depuis le début de l’année, encore moins sur plus longue période. Surtout, il n’empêchera pas le groupe de sortir du CAC 40, comme l’a annoncé Nyse-Euronext au début du mois. Le conseil scientifique des indices a choisi de remplacer un groupe franco-américain par un autre : Gemalto fera son entrée le 24 décembre parmi les valeurs vedettes, tandis qu’Alcatel-Lucent sera relégué dans le SBF 80, ce qui semble logique au vu de sa capitalisation boursière.

Mais l’ex fabricant de téléphones devrait rester sous le feu des projecteurs pour au moins deux raisons. Tout d’abord, parce qu’il a annoncé un plan social – le cinquième en six ans- qui prévoit la suppression de 5.000 postes dans le monde dont 1.353 en France. Un plan de départs volontaires doit être mis en place en 2013, mais il suscite une forte mobilisation syndicale.

Les brevets menacés? 


Le groupe justifie sa décision par la baisse des investissements des opérateurs télécom en Europe et la nécessité pour les équipementiers de réduire leurs coûts. « 2012 a été une vraie tempête pour nous » et l’environnement ne devrait pas s'améliorer l'an prochain sur le Vieux continent, indique Ben Verwaayen, le directeur général, dans un entretien diffusé mardi par l’agence Reuters. Il estime néanmoins que le groupe est mieux armé pour faire face à cette conjoncture morose après l'obtention d'un prêt de 1,6 milliard d'euros auprès des banques Goldman Sachs et Credit Suisse.

Cet accord annoncé la semaine dernière a permis au titre de rebondir et de déjouer les scénarii vendeurs de certains fonds spéculatifs. Cependant Alcatel-Lucent a été contraint de gager certains actifs, dont son portefeuille de 29.000 brevets, pour décrocher ce crédit, suscitant des inquiétudes au sein du gouvernement français et des syndicats. D’après Les Echos, Bercy travaillerait actuellement sur plusieurs pistes afin de réduire le périmètre des brevets gagés et pourrait venir en aide, d’une manière ou d’une autre, à l’équipementier. M. Verwaayen, lui, se veut confiant : « Nous avons apporté une certitude et une clarté totales. Si le gouvernement, une banque, ou n'importe qui d'autre pense avoir une meilleure idée, il sera le bienvenu ». Il n’exclut pas des réductions de coûts supplémentaires en 2013, au-delà des 1,25 milliard d’euros d’économies annoncées.