Le géant mondial de l'acier ArcelorMittal a annoncé jeudi son intention de fermer définitivement six installations de transformation dans la région de Liège, ce qui devrait entraîner la perte de 1.300 emplois. Ce nouveau plan s’ajoute aux 790 suppressions de postes annoncées fin 2011 avec la fermeture des hauts fourneaux liégeois.

Le Collège provincial de Liège, le gouvernement local, a évoqué un « cataclysme économique et social » et dénoncé le « cynisme » du groupe. Lors d'un accord sur le plan social lié à la fermeture de la phase à chaud trouvé le 30 novembre après des semaines de tensions avec les syndicats, la direction d'ArcelorMittal avait en effet confirmé son intention d'investir 138 millions d'euros dans sa « phase à froid » à Liège, qu'elle décrivait comme « stratégique ».

A l’appui de sa décision, ArcelorMittal évoque la baisse « de 8 à 9% » de la demande d’acier européen en 2012 et la détérioration des perspectives économiques. « Aucune amélioration n’est anticipée à moyen terme », souligne le groupe. ArcelorMittal « reconnaît que ce projet sera très difficile pour le personnel et la région vu qu'il affecte environ 1300 personnes » et « s'engage à rechercher une solution socialement acceptable pour les personnes concernées », d’après un communiqué.

Les organisations syndicales ont immédiatement appelé à la grève sur l'ensemble
des sites du groupe à Liège, berceau de la sidérurgie européenne. Certaines réclament, à l’instar de leurs homologues français, une nationalisation des sites concernés.

En France, mercredi, une dizaine de salariés de l’usine de Florange s'étaient enchaînés aux grilles de Matignon afin de protester contre l’accord signé fin novembre par le gouvernement français et la direction d'ArcelorMittal. Cet accord entérine la fermeture définitive des hauts fourneaux de Florange et la suppression de 629 postes, mais prévoit un investissement de 180 millions d’euros dans le reste des activités du site lorrain.