Douze ans. C’est le temps qu’il aura fallu à l’industrie du disque pour prendre le virage du numérique et parvenir à enrayer le déclin de ses ventes, grâce notamment à l’essor des plateformes légales de téléchargement. En 2012, le chiffre d’affaires du secteur a progressé de 0,3% à 16,5 milliards d’euros, une hausse qui ne s’était pas produite depuis 1999. Cette année là, le marché mondial de la musique enregistrée avait culminé à 28,6 milliards de dollars.

« Globalement, l’industrie de la musique enregistrée est sur la voie du redressement» , indique La Fédération internationale de l'industrie phonographique (IFPI) mardi. La croissance des revenus sur d’internet permet désormais de compenser la baisse des ventes de disques « physiques ». L’IFPI a ainsi recensé 4,3 milliards de téléchargements légaux l'an dernier dans le monde, un chiffre en hausse de 12%. La hausse est plus marquée encore pour les ventes d'albums numériques, atteignant 17% à 207 millions d'unités.

L'album le plus vendu dans le monde en 2012 a été "21" de la chanteuse britannique Adele, avec 8,3 millions d'unités écoulées, devant "Red" de l'Américaine Taylor Swift (5,2 millions) précise l'IFPI. Le boy-band One Direction a décroché les troisième et quatrième places du classement avec "Up All Night" et "Take Me Home" (4,5 et 4,4 millions respectivement); Lana Del Rey se classe au cinquième rang avec "Born to Die" (3,4 millions).

« Même si l’optimisme est de mise, il reste des freins importants à la poursuite de la croissance (du secteur). Le principal réside dans les services illégaux de téléchargement. Les gouvernements ont un rôle majeur à jouer dans la résolution de ce problème », ajoute l’IFPI.

Mardi, le numéro un mondial du secteur, Universal Music Group (filiale de Vivendi), a annoncé une hausse de 8,3% de son chiffre d’affaires, à 4,5 milliards d’euros en 2012. En excluant le chiffre d'affaires d'EMI Recorded Music acquis fin septembre 2012, et hors variations de change, les revenus du groupe ressortent cependant en baisse de 3,3 % : la hausse des ventes numériques et la croissance des redevances n’ont que partiellement compensé la diminution des ventes physiques.