Le déficit budgétaire de Détroit est évalué à plus de 380 millions de dollars. La dette de long terme se situerait autour de 18 milliards de dollars.
Parallèlement, les recettes fiscales se sont énormément affaiblies.  La ville a perdu un quart de million de résidents entre 2000 et 2010. La population serait passée de 2 millions d’habitants en 1950 à 700 000 habitants aujourd’hui.

En mars dernier, Kevyn Orr a été recruté  par l’Etat du Michigan pour tenter de redresser la situation financière de la ville par un processus de restructuration en dehors de toute voie légale. Ce processus a échoué. Il n’a pas été possible de convaincre un certain nombre de créanciers de subir des pertes pour alléger la charge de la dette de la ville.

Un dossier a alors été déposé devant la Cour pour une mise en faillite.

Si la faillite est déclarée, les actifs de la ville pourraient être liquidés pour répondre aux demandes de remboursement des créanciers. Cependant tous ne seront pas satisfaits.

Selon le Wall Street Journal, les créanciers les plus en risque dans la procédure de faillite sont ceux qui détiennent 11 milliards de dollars de dette non sécurisée.

Selon la Maison Blanche, le président Obama aurait pris la décision de surveiller étroitement la suite des évènements suite à l’annonce.
Il a été demandé aux responsables de la ville de trouver un terrain d’entente avec les créanciers.
L’idée d’une aide financière apportée par l’Etat fédérale n’a en revanche pas du tout été évoquée.

Un effet de contagion ?

Le marché des titres de dette émis par les collectivités locales aux Etats-Unis représente 4 000 milliards de dollars.

Celui-ci a été mis sous pression ces dernières semaines par l’annonce du gouverneur de la Réserve fédérale américaine, en mai, de l’intention de la Banque centrale de réduire son programme d’achats massifs de titres de dette sur le marché, à hauteur de 85 milliards de dollars mensuels, d’ici la fin de l’année.
Il a également été chahuté à la suite de la suspicion avancée par la SEC, l’Autorité de régulation américaine des marchés financiers, que certaines villes américaines ont délibérément dissimulé des informations importantes aux investisseurs lorsqu’elles leur ont vendu des obligations.

La question se pose de savoir si la décision de mettre Détroit en banqueroute pourrait rendre les investisseurs plus hésitants à mettre leur argent dans ce segment de marché, particulièrement dans les titres émis par les localités qui sont en proie à des difficultés financières. Le retrait des opérateurs de marché aurait pour effet d'accroitre le coût de refinancement de ces villes et les conduirait à demander également une mise en faillite.

Pour beaucoup, le cas de Détroit est spécifique et sa mise en faillite ne devrait pas être suivie par d’autres municipalités. Selon Standard & Poor’s, cela fait un moment déjà que la ville doit faire face à une situation financière compliquée. Les investisseurs ont bien compris que le cas présentait des caractéristiques propres. Pour d'autres, s’il devait y avoir un regain de nervosité sur le marché des obligations municipales, cela aurait été observé depuis quelques semaines. Or cela n’est pas (encore ?) le cas.