« Si l’on considère un critère qualitatif comme le climat social-qui suppose l’analyse des accords sociaux, des enquêtes de satisfaction des salariés, des communiqués des entreprises…-on s’aperçoit que celui-ci a été explicatif d’un différentiel important en termes de couple rendement/risque que ce soit en période de baisse des marchés comme en 2011 ou de hausse des marchés comme en 2012 » commente Léa Dunand-Chatellet.
Ainsi, l’an passé, les valeurs jugées comme présentant un bon climat social ont surperformé les valeurs estimées comme n’en ayant pas. De plus, l’écart de la volatilité a été de plus de 10 points. Le niveau enregistré a été de 18% pour les premiers contre 36% pour les seconds.

Au-delà de la performance strictement boursière, la classification des sociétés en fonction des critères ESG peut également influer sur la performance économique comme la productivité, le chiffre d’affaire, ou encore la rentabilité des capitaux propres (ROE).
« Si l’on considère le critère de la rémunération des dirigeants, nous pouvons nous apercevoir que le ROE ressort à 21% pour les sociétés affichant un alignement des intérêts entre les différentes parties prenantes, notamment les salariés et actionnaires, contre 8,4% pour les sociétés qui en sont dépourvues » remarque Léa Dunand-Chatellet.

Selon cette dernière, 85 critères peuvent être répertoriés aujourd’hui dans la grille d’analyse des sociétés sélectionnées dans le fonds d’investissement. Ceci étant, s’il fallait retenir trois principaux critères rattachés à chacune des lettres composant le sigle ESG, alors le choix s’arrêterait sur le risque comptable pour la gouvernance, les conditions de travail pour le social et la politique d’efficacité énergétique et les process mis en place dans ce cadre pour l’environnement. « On constate alors que l’élément le plus éliminatoire a trait aux conditions de travail » précise Léa Dunand-Chatellet.
Au-delà de ce premier filtre basé, la gérante préconise d’opter pour second filtre axé cette fois-ci sur le respect des droits des actionnaires minoritaires pour la gouvernance, sur les activités porteuses en matière d’environnement, et sur la création d’emplois sur le plan social.
« Ces deux filtres combinés nous amène alors à un univers de 180 valeurs éligibles »

ID Logistics

En guise d’illustration de la stratégie d’investissement, a été mentionnée la société ID Logistics . Il s’agit d’un « pure player » dans le secteur de la logistique qui s’est introduit en bourse à la fin de l’année 2012 avec une capitalisation de 150 millions d’euros.
« L’entreprise a mis au cœur de son expansion la problématique de développement durable avec l’optimisation des achats logistiques. Elle par ailleurs su assurer une bonne gestion de ses ressources humaines qui constitue un véritable enjeu dans un tel secteur d’activité » justifie Léa Dunand-Chatellet.
L’action a gagné plus de 100% en bourse depuis janvier et constitue 2,5% du portefeuille de l’experte.