Nouvelle sanction boursière pour Alstom. Le groupe d’infrastructures dévisse de plus de 10% mardi dans les premiers échanges après avoir annoncé une baisse de son chiffre d’affaires et de sa rentabilité ces trois derniers mois. Il entraîne dans son sillage son principal actionnaire, Bouygues (-5%).

Les ventes du groupe d’octobre à décembre ressortent à 4,8 milliards d’euros contre 5,1 milliard à la même période de l’exercice précédent. Son carnet de commandes s’établit à fin décembre à 51 milliards d’euros contre 52 milliards un an plus tôt. « Malgré un niveau de commandes solide sur le troisième trimestre 2013/14 et une performance commerciale soutenue sur un certain nombre de segments, Alstom reste affecté par le faible niveau de commandes de nouvelles centrales thermiques. Dans ce secteur, la demande reste atone dans les marchés matures et a ralenti dans les pays émergents », indique le PDG du groupe, Patrick Kron, cité dans un communiqué. Les prises de commandes du groupe ont ainsi chuté de 12% sur les neuf premiers mois de son exercice décalé tandis que le chiffre d’affaires a reculé de 1%. Hors effets de change, le chiffre d’affaires ressort en hausse de 3%.

La baisse des commandes et donc des avances perçues par le groupe aura un impact durable sur sa rentabilité. « La marge opérationnelle devrait rester autour de 7 % cette année et s’établir en léger retrait l’année prochaine, le rebond attendu étant donc différé », souligne Patrick Kron. Alstom s’était initialement fixé pour objectif d’atteindre une marge de 8% « dans les deux à trois ans ». « Nos priorités restent concentrées sur la mise en œuvre et l’accélération des initiatives ambitieuses que nous avons engagées pour réduire les coûts », notamment le plan de suppression de 1300 postes dévoilé en novembre, ajoute le PDG.

Au vu des résultats publiés ce jour, certains analystes estiment que le groupe va devoir prendre d’autres mesures. « L'écart (...) dans la prévision de cash-flow amène à se demander si le groupe doit désormais céder une plus grande part de son pôle Transport (que prévu) pour récupérer du cash », indique Daniel Cunliffe chez Nomura (cité par Reuters). Selon lui le groupe pourrait également renoncer à verser un dividende cette année.