Faire renaître une industrie minière en France. Tel est le vœu d’Arnaud Montebourg qui annonce ce vendredi dans les colonnes du Parisien la création d’une 'Compagnie nationale des mines de France' dont la mission sera d’ « exploiter d’abord notre sous-sol », dans l’Hexagone mais aussi dans les départements d’Outre-Mer.

Il s’agit d'après le ministre du Redressement productif de protéger les intérêts français dans la compétition mondiale pour l’accès aux matières premières. « Tous les Etats se poussent du coude pour disposer des métaux et notamment des terres rares. Un Etat qui ne maîtrise pas son approvisionnement est soumis aux décisions des autres », souligne-t-il. 

Parmi ces matières premières stratégiques, il cite le lithium « un métal fondamental pour les batteries des véhicules électriques », le germanium, « l'un des métaux clés dans la composition de la fibre optique » ou encore l’or qui fait l’objet d’une exploitation « sauvage » et désastreuse pour l’environnement en Guyane.  

« Avec l'appui du président de la République, j'ai organisé la renaissance d'une compagnie nationale des mines pour prospecter et exploiter d'abord notre sous-sol - tout en respectant les aspirations environnementales de nos concitoyens », ajoute le ministre qui serait en train de boucler le budget de l’entreprise. Celui-ci semble cependant dérisoire compte tenu des coûts de l’exploration et de l’extraction minière : entre 200 et 400 millions d’euros sur cinq à sept ans. A titre de comparaison Eramet, groupe minier spécialisé qui a publié ce vendredi une perte de 370 millions d'euros, a réalisé pour la seule année 2013 près de 600 millions d’euros d’investissements et compte ramener ce chiffre à 400 millions d’euros cette année. L'idée du gouvernement serait de répérer les gisements et d'aider au montage des projets, en laissant l'exploitation à des entreprises privées dans une forme de partenariat public-privé.