L’offre de titres de dette à cinq ans a rencontré une demande de plus de 20 milliards d’euros.

La majorité des acheteurs ont été des fonds de pensions et des fonds d’investissement étrangers

Le taux finalement fixé pour ces titres a été de 4,75%, soit un taux relativement bas, notamment si l’on considère qu’en 2010, le taux à dix ans de la Grèce avait dépassé les 30% et que le pays risquait fortement de devoir quitter la zone euro.

Le ministre des finances, Yannis Stournaras, a décrit le mouvement de « souscription catalytique », précisant par ailleurs que la Grèce avait procédé à son plus fort ajustement budgétaire depuis la seconde guerre mondiale afin d’assainir ses finances et des restaurer sa position sur la scène internationale.

D’une certaine manière, le rendement proposé par les autorités grecques était difficilement refusable dans la mesure où les taux des autres grands pays européens sont  plus bas. Le risque pris a ainsi été  jugé relativement bien rémunéré même si au paroxysme de la crise des dettes de la zone euro, le gouvernement a forcé les détenteurs d’obligations grecques à subir une perte de plus de 75% sur les titres détenus.

Attentat à la voiture piégée

Quelques heures avant l’annonce des principales conclusions de l’émission obligataire, une voiture a explosé aux alentour de la Banque centrale de la Grèce.

Un porte-parole du gouvernement, Simos Kedikoglou, a déclaré « l’objectif évident des agresseurs était de changer la bonne image du pays. Cependant nous n’allons pas leur permettre d’atteindre ce but ».

Mercredi, environ 20 000 manifestants se sont réunis a coté du Parlement pour protester contre la hausse des impôts et les coupes de dépenses exigées par les bailleurs de la Grèce.

La péninsule hellénique se trouve encore dans une situation économique difficile. Le PIB s’est contracté de près de 25% ces cinq dernières années et le taux de chômage s’élève à 27%.
La charge de la dette représente 175% du PIB et pourrait grimper à 190%.

Si des progrès notables peuvent être relevés, un long chemin reste encore à parcourir avant de retrouver une trajectoire de croissance solide et durable.