Alors que les dirigeants de General Electric et Siemens seront reçus ce lundi à l’Elysée, le gouvernement a publié hier soir un communiqué affirmant son « extrême vigilance » sur le dossier Alstom, qui touche selon lui aux intérêts de la Nation.

« GE et Siemens sont deux investisseurs importants en France et des acteurs de premier plan au sein de notre tissu industriel national. Le gouvernement est prêt à examiner leurs projets avec le souci de préserver les intérêts de la base industrielle de la France et à y participer financièrement. Il sera particulièrement ferme sur ses exigences de maintien et de créations d'emplois, d'investissements et de recherche-développement en France, ainsi que le maintien des centres de décision en France », peut-on lire dans ce communiqué. 

Pour rappel, l’agence Bloomberg a dévoilé la semaine dernière l’existence de discussions avancées entre Alstom et l’américain General Electric, ce dernier prévoyant de racheter la branche Energie du groupe français pour environ 10 milliards d’euros. Mais ces activités intéressent également l’allemand Siemens qui propose de céder en échange une partie de ses propres activités Transport.

Dans un communiqué publié dimanche, Alstom précise qu’il « informera le marché d’ici mercredi 30 avril matin » du fruit de sa réflexion et que, « dans cette attente », la cotation du titre à la Bourse de Paris « reste suspendue ». Le gouvernement, de son côté, « souhaite disposer du temps nécessaire à un examen sérieux des propositions » et évoque des « choix alternatifs ». Cependant, ces choix sont limités et une nationalisation d'Alstom - réclamée par certains- reste peu probable. Les prochaines 48 heures risquent donc d'être décisives pour le fleuron industriel français, ainsi que pour son principal actionnaire, Bouygues.

 Vers 10h50, l’action Bouygues s’adjuge 1,8% sur un marché parisien en hausse de 0,6%.