La cession des activités énergétiques d’Alstom suscite la mobilisation au sommet de l’Etat. Après avoir reçu hier à l’Elysée les patrons de General Electric et de Siemens, le gouvernement s’apprête à saisir l’Autorité des marchés financiers (AMF) sur ce dossier, selon Le Monde. Il s’agirait de s’assurer que le processus de mise en vente soit « ouvert, transparent et non discriminatoire », selon une source citée par le journal, qui précise qu’une telle démarche est exceptionnelle.

Elle viserait à permettre à Siemens de formuler une offre concurrente de celle de General Electric, en ayant accès aux mêmes informations que l’Américain. Le groupe allemand a déjà tenté un rapprochement avec Alstom mais ce dernier l’a rejeté. Si Alstom voit davantage son intérêt dans une opération transatlantique, le gouvernement, lui, semble préférer l’option européenne.

A moins qu'il ne réfléchisse à une troisième solution, franco-française celle-là. D’après le Nouvel Observateur, l’Etat envisagerait de prendre une participation majoritaire dans Alstom en rachetant la part de Bouygues (29,4%) et, au besoin, en injectant de l’argent frais. « En cédant une partie des 84 % qu'il détient dans (EDF), l'Etat pourrait dégager les 6 milliards d'euros nécessaires, soit 3 milliards pour financer la sortie de Bouygues, actionnaire à 29% d'Alstom et 3 milliards d'euros pour recapitaliser Alstom », indique le site de l’hebdomadaire. Cette nationalisation partielle, réclamée par les syndicats, suscite cependant des réticences de la part du chef de l'Etat qui l'avait refusée aux salariés d'ArcelorMittal à Florange.

L’action Alstom reste suspendue ce mardi dans l’attente d’un conseil d’administration qui doit se tenir en fin d’après-midi. EDF, mais aussi l’AMF, pourraient donc s’inviter dans les débats.