Le bras de fer se poursuit entre Alstom et le gouvernement français. Lors d’un conseil d’administration hier, le groupe industriel s’est donné un mois pour valider l’offre de l’américain General Electric, d’un montant de 12,35 milliards d’euros, sur sa branche Energie (turbines pour centrales à gaz, charbon, ou nucléaire; éoliennes, etc).

Le Conseil d’administration d’Alstom, ayant reçu une offre ferme de General Electric, a reconnu « à l’unanimité les mérites stratégiques et industriels de cette offre » et a décidé de mettre en place un comité d’administrateurs indépendants, conduit par l’ex patron de PSA Jean-Martin Folz, pour procéder d’ici à la fin du mois de mai à un examen approfondi de l’offre, peut-on lire dans un communiqué. Pendant cette période, Alstom ne pourra pas solliciter d’autres offres de la part de tiers mais il se réserve « le droit de répondre à des offres non sollicitées pour la reprise de l’ensemble de ses activités Energie et d’entrer en discussions avec des candidats dont le sérieux et l’intérêt des projets pourraient conduire à une meilleure offre pour Alstom ».

S’agissant de la « déclaration d’intérêt » de Siemens, Alstom assure qu’elle sera prise en compte. « Siemens aura un accès équitable à l’information lui permettant, le cas échéant, de soumettre une offre ferme. Elle sera examinée en fonction de l’intérêt social de la société et de celui de l’ensemble des parties prenantes, dans le respect des engagements pris », affirme le groupe. Siemens propose, en échange du rachat des activités Energie d’Alstom, de céder au groupe français sa propre branche Transport, avec des participations croisées, ce qui permettrait de créer deux champions européens dans ces secteurs, une solution privilégiée par les gouvernements français et allemand.

Le titre rouvre en forte hausse

Mais le PDG du groupe français, Patrick Kron, n’a d’yeux que pour General Electric. Dans le même communiqué il affirme que l’offre tout en cash de l’Américain permettra à Alstom d’assurer seul son avenir sur le marché des transports. « La réunion des actifs Energie très complémentaires d’Alstom et de GE créerait une entité plus compétitive pour mieux servir les besoins des clients. Les employés d’Alstom rejoindraient un acteur mondial majeur reconnu qui porte une attention particulière aux talents et à l’innovation technologique afin d’accompagner les grands clients dans le long terme. L’opération envisagée permettrait à Alstom de se recentrer sur ses activités Transport et de les développer, grâce à un bilan solide, en saisissant les opportunités qu’offre le très dynamique marché du transport ferroviaire », souligne-t-il.

Suspendu lors des trois dernières séances, le titre Alstom a rouvert en forte hausse mercredi. Vers 10h35, il gagne 7,4% sur un marché parisien en baisse de 0,2%.