General Electric s’arme de patience. A la demande du gouvernement français, le groupe américain a prolongé son offre de rachat des activités énergétiques d’Alstom jusqu’au 23 juin, alors que le délai était initialement fixé au 2 juin.
« Nous avons pris cette décision pour permettre d'approfondir les discussions constructives, que nous avons actuellement avec le gouvernement », précise GE.

Pour la direction d’Alstom c’est une déception même si le groupe dit « accueillir favorablement l’initiative de General Electric ». Patrick Kron espérait en effet boucler le deal en quelques jours mais c’était sans compter l’intervention du gouvernement français dans ce dossier. Depuis quinze jours, des négociations intensives sont menées pour faire évoluer l’offre de GE et protéger les activités les plus sensibles d’Alstom. D’après Le Figaro, il s’agit des métiers du «grid» (réseaux haute tension), de l'hydroélectricité, de l'éolien offshore ou encore de fabrication des turbines conventionnelles destinées aux centrales nucléaires. Pour chacune de ces activités, l’Etat exigerait la présence d’investisseurs français aux côtés de GE.

En cas d’échec des discussions, le gouvernement planche sur un « plan C », a affirmé jeudi le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg. « Le plan A c'est GE, le plan B c'est Siemens, le plan C c'est une solution “maisonFrance”. Public-privé, ou privé, peut-être pas public, je ne sais pas. Nous y travaillons », a-t-il indiqué. Cette solution franco-française est réclamée par les syndicats qui ont débrayé sur 16 des 21 sites du groupe mercredi.

Vendredi vers 10h50, le titre Alstom cède 0,7% sur un marché en hausse de 0,1%.