Jean-Marie Mercadal se veut particulièrement positif sur l’environnement dans lequel évoluent les actions européennes aujourd’hui.

Bien que n’étant pas très forte, la reprise économique dans la région semble s’être affermie sous l’impulsion de la dépréciation de l’euro, du repli du prix du pétrole et de l’affaiblissement des taux de refinancement sur les marchés. La hausse du PIB pourrait bien s’avérer supérieure à 1,5% pour cette année. Certains Etats membres pourraient même afficher une croissance de plus de 2%. « Nous sommes à peu près tranquilles à l’horizon de cette année sur le front macroéconomique » soutient Jean-Marie Mercadal.

Dans cet environnement, un accroissement notable des bénéfices devrait se dessiner. Aujourd’hui le consensus table sur une augmentation de 13%. Il n’est pas exclu que la variation s’avère plus forte, entre +15% et +20%. En cela il parait vraisemblable que le cycle de révision positive se prolonge. « Les résultats annoncés en ce début d’année sont bons, largement conformes aux attentes des analystes. Qui plus est, des guidelines en amélioration ont été livrées par certains dirigeants d’entreprises ».

Les investisseurs s’efforçant de rechercher un surplus de rendement et étant rassurés par les performances boursières jusqu’ici enregistrées, les flux entrants dans le segment de marché devraient en toute hypothèse perdurer. « Les investisseurs institutionnels européens ne sont pas encore stratégiquement revenus sur les actions de la zone euro. Ceux qui ont fait le marché sont surtout les investisseurs internationaux, en premier lieu desquels les hedge funds ».

Vers une expansion des multiples

Nous avions en début d’année un scénario central selon lequel les actions européennes rebondiraient à hauteur de la progression des bénéfices attendue pour 2015. C’est ce qui s’est passé en l’espace de trois mois. L’Eurostoxx 600 enregistre un gain de plus de 16% depuis le 1er janvier.
Désormais les valorisations dans le compartiment ne sont plus bon marché. « Nous ne présageons pas pour autant un arrêt du trend. Il est très possible que les investisseurs fassent le choix d’anticiper une bonne dynamique bénéficiaire en 2016, voire en 2017 et que nous ayons en conséquence une expansion des multiples ».

La poursuite du rallye ne sera pas linéaire. La volatilité devrait s’accentuer. Cependant selon l’expert d’OFI AM, il y a peu de chance pour que l’on observe une forte correction. Tout au plus le fléchissement des actions européennes pourrait atteindre 5 à 6% sur l’ensemble de l’année. Il faudra alors tirer avantage des creux de la vague pour entrer.

Dans ce cas, les valeurs industrielles seront à privilégier ainsi que les grandes valeurs de croissance internationale telles que L’Oréal ou Air Liquide. Les bancaires seront à préférées aux compagnies d’assurances plus sujettes à des contrecoups en cas de remontée des taux.

Principal risque identifié


Un dénouement favorable du dossier grec est attendu. « A la vue des marchés un doute subsiste aujourd’hui sur le devenir de la Grèce au sein de la zone euro. Alors que les taux italiens et espagnols poursuivent leur recul en dessous de 2% sur fond du programme massif d’assouplissement monétaire de la Banque centrale européenne, le taux grec se situe à 13%. Toutefois nous sommes d’avis qu’un terrain d’entente devrait finir par être trouvé. Un plan assez crédible devrait être soumis par le gouvernement grec qui devrait donner lieu au déblocage des fonds nécessaires pour empêcher Athènes de faire défaut auprès de ses créanciers » augure Jean-Marie Mercadal.

Des craintes autour du déploiement ou des effets du quantitative easing de la BCE ne devraient pas non plus être de nature à chahuter excessivement le marché.

Le risque principal selon le directeur général délégué d'OFI AM réside dans une mauvaise communication de la Réserve fédérale américaine à propos du processus de normalisation de sa politique monétaire qui impacterait violemment le marché boursier américain et ne laisserait pas immune le marché boursier européen. « La Fed doit agir pour éviter la création de bulle sur certaines poches d’actifs financiers. Cependant elle devra le faire en ayant en tête deux impératifs, ne pas casser le redémarrage de la dynamique économique aux Etats-Unis et ne pas affoler le marché ».