Dow Chemical et DuPont discutent d'une fusion qui, si elle aboutit, créera un nouveau géant de la chimie et de l’agrochimie avec des activités allant des pesticides aux OGM, en passant par les plastiques et la fibre synthétique. Le nouveau groupe serait par la suite scindé en trois activités financièrement autonomes : une dans l'agriculture, une deuxième dans les produits de chimie de spécialité et une autre dans la chimie traditionnelle, d’après des sources citées Reuters.

Ce faisant, Dow Chemical et DuPont répondraient au voeu des milliardaires américains Daniel Loeb, actionnaire du premier via son fonds Third Point, et Nelson Peltz, présent dans le capital du second à travers sa société Trian. Ces derniers, qui critiquent la rentabilité jugée insuffisante des deux groupes, plaident depuis des mois pour une séparation des activités afin de dégager davantage de dividendes aux actionnaires.

Rien n'est encore fait, car même en cas d'accord des deux conseils d’administration, il n'est pas certain que les autorités de la concurrence donnent leur feu vert au vu du poids des deux groupes dans les semences de maïs et de soja et dans les désherbants notamment. La nouvelle entité cumulerait en effet un chiffre d'affaires annuel de plus de 90 milliards de dollars et une capitalisation de 120 milliards de dollars (Dow Chemical et DuPont affichent une valuer quasi identique en bourse de 59 milliards de dollars chacun). L'actuel numéro un du secteur, l'allemand BASF, a engrangé des revenus de 74,33 milliards d'euros (81 milliards de dollars) en 2014.
Cette opération serait la deuxième plus importante transaction de l'année derrière le mariage à 160 milliards de dollars entre Pfizer et Allergan

Elle redessinerait complètement le paysage de l'industrie agrochimique mondiale, secouée depuis plusieurs mois par un vaste mouvement de consolidation. Du semencier américain Monsanto aux allemands BASF et Bayer en passant par le suisse Syngenta et le belge Solvay, tous les grands acteurs du secteur sont à l’affût d’opportunités. La raison principale de ces grandes manoeuvres est la situation actuellement tendue de l'économie agricole, selon les analystes. Les prix des récoltes baissent depuis deux ou trois ans, la croissance des volumes ralentit. Des marchés majeurs comme le Brésil sont en récession ou font face à des taux de croissance plus bas, comme la Chine. Dans ce contexte les projets de fusion visent à réaliser des économies d'échelle et à réduire la pression sur les prix.