Si l’on considère le S&P 500, depuis le point bas touché en mars 2009, l’indice américain n’a cessé de connaitre une évolution ascendante ces huit dernières années. La hausse enregistrée est de 260%. Le ratio prix sur bénéfices anticipés à 12 mois se situe désormais à 17, un niveau remarquablement élevé. « Le marché a indéniablement progressé plus rapidement que les bénéfices des entreprises. Une surévaluation flagrante peut en cela être mise en avant » commente Malik Haddouk.

Celle-ci n’a cependant pas forcément vocation à donner lieu à une correction dans les mois à venir. Plusieurs facteurs explicatifs à cela.

Tout d’abord l’environnement macroéconomique dans lequel évolue les entreprises américaines est somme toute favorable. Les données des grands agrégats sont au beau fixe. Le marché du travail poursuit son rétablissement. En particulier, le taux chômage est en constante diminution. L’inflation s’inscrit dans un processus de normalisation. « Si l’on se fie au dernier indice ISM manufacturier, la croissance instantanée américaine pourrait s’établir à 4% cette année mais la corrélation n’est pas parfaite » note Philippe Weber, co-responsable des études et de la stratégie de CPR AM. La configuration est tellement propice qu’elle devrait permettre à la Réserve fédérale américaine de rehausser son taux directeur au moins trois fois cette année, à compter du mois en cours, présage M Weber.

Le front microéconomique laisse également entrevoir une éclaircie. Les bénéfices des sociétés américaines sont au rendez-vous. « Après dix trimestres de résultats négatifs, le quatrième trimestre 2016 a laissé place à une remontée des profits de 7%. Ces derniers sont escomptés en augmentation de 10% cette année. Une cible qui parait tout à fait accessible en l’état actuel des choses » précise Malik Haddouk.
Ce d’autant plus que des réformes d’envergure sur le terrain budgétaire, complaisantes pour les entreprises américaines, pourraient voir le jour. « Des projets ambitieux ont été évoqués. Plus spécifiquement, il est question d’une baisse du taux d’imposition sur les entreprises et d’une taxation forfaitaire des profits rapatriés » mentionne Philippe Weber. « Un significatif accroissement des profits accumulés pourrait donner lieu à une majoration des dividendes distribués et à une multiplication des rachats d’actions qui contribueraient à un amenuisement de l’expansion des multiples et donc à un amoindrissement de la surévaluation du marché aujourd’hui appréhendée » conclut le directeur de la gestion diversifiée chez CPR AM.