En dépit de la montée incertitudes politiques, l’amélioration de la conjoncture économique s’inscrit dans une franche continuité. Une dichotomie s’est, en cela, dessinée.

Celle-ci serait notamment le résultat de deux facteurs. Tout d’abord les politiques monétaires très expansionnistes menées par les grandes banques centrales de ce monde. Le volume de liquidité injecté a un effet dopant.
Au-delà, cette déconnexion entre accentuation du risque politique et accélération de la dynamique économique trouve son origine dans la confiance affichée par les entreprises et les ménages à la fois dans les économies avancées et les économies émergentes. « L’absence d’une inquiétude marquée de ces derniers est sans doute la principale surprise de ce début d’année 2017 » commente Julien Marcilly.

« Ce regain d’optimisme assez surprenant nous a amenés à réviser notre projection pour la croissance mondiale cette année de +0,1% à 2,8% (après 2,6% en 2016) » ajoute ce dernier.

Le PIB devrait progresser de 1,7% dans les économies développées et de 4,1% dans les économies émergentes (contre 3,7% en 2016). « Il semble que nous ayons dépassé le creux du cycle dans ces économies même si nous encore loin du niveau atteint en 2010, soit plus de 7% » signale Julien Marcilly.

Les pays et les secteurs à l'honneur 

« Nous avons davantage procédé à des reclassements qu’à des déclassements » énonce l’économiste en chef de la Coface. Les pays reclassés sont l’Arménie (qui profite des signes de reprise en Russie), la Lettonie (soutenue par une demande interne solide et un chômage bas), la République tchèque (qui tire avantage du boom du secteur automobile), et Israël (où les performances économiques sont jugées excellentes).
L’évaluation négative concerne le Mozambique. « Ce pays avait déjà été déclassé en 2016 en raison de l’incidence néfaste de la chute des prix des matières premières sur les finances publiques » rappelle Julien Marcilly.
D’autres pays montrent des signaux d’amélioration mais ces derniers sont encore trop timides pour entrainer un reclassement. Un redressement est notamment relevé au Brésil. « Nous sentons que dans ce pays le pire est passé. Encouragée par un net amoindrissement de l’inflation, la Banque centrale brésilienne a décidé d’enclencher un processus de baisse de son taux directeur» explique Julien Marcilly.

En tenant compte de l’expérience de paiement au sein de la Coface, des données financières publiées par les entreprises cotées, et de l’avis des économistes et analystes crédit de la Coface, un certain nombre de secteurs ont également été reclassés, en particulier l’agroalimentaire et la métallurgie. « Ce dernier secteur était depuis trois ans le secteur le plus à risque au niveau mondial. Le risque s’est quelque peu atténué pour différentes raisons. En premier lieu, les cours mondiaux ont repris de l’élan, entre +15% et +70%. En outre, les droits de douane adoptés dans de nombreux pays fin 2015-début 2016 ont aidé les entreprises locales du secteur. Enfin, en Chine, premier producteur et premier consommateur, les autorités sont parvenues à quelque peu réduire les surcapacités » conclut Julien Marcilly.