La consolidation du secteur ferroviaire européen va-t-elle se faire sans Alstom ? D'après l'agence Bloomberg le groupe canadien Bombardier, très présent sur le Vieux Continent, a entamé des discussions avec l'allemand Siemens en vue d'un rapprochement de leurs activités de matériel de transport ferroviaire au sein d'une coentreprise.

Ce rapprochement, qui pourrait être conclu d'ici la fin juin sous réserve de l'aval des autorités de la concurrence, viserait à mieux affronter la concurrence des constructeurs chinois, plus particulièrement le numéro un mondial, CRRC. Mais il  laisserait seul Alstom alors que le groupe français vient de décrocher avec Bombardier un contrat de 3 milliards d'euros auprès du STIF, le Syndicat des transports d'Ile de France, pour le renouvellement des RER.

Ce contrat doit assurer un plan de charge aux usines françaises d'Alstom et de Bombardier jusqu'en 2021. Il aurait également pu être la première étape d'un rapprochement entre les deux groupes. Le magazine Capital avait évoqué fin mars l'intérêt de Bombardier pour reprendre la participation de Bouygues dans Alstom (environ 30% du capital). Cependant le groupe de Martin Bouygues avait démenti toute discussion. 

Les nouvelles rumeurs sur Bombardier et Siemens pourraient forcer le groupe français à réagir. Elles pourraient également relancer l'idée d'un "Airbus du rail" chère aux responsables politiques français, de François Hollande à Alain Juppé. Ce rapprochement entre un ou plusieurs acteurs du continent – Alstom, Siemens, Bombardier, l'espagnol CAF ou encore le suisse Stadler Rail – est censé protéger nos industries contre la concurrence chinoise. Mais il est rejeté par Alstom qui privilégie des coopérations plus ponctuelles. Reste qu'un rapprochement entre Siemens et Bombardier nécessiterait l'aval des autorités de la concurrence et pourrait se heurter à l'opposition des syndicats des deux groupes, selon Bloomberg. La bataille du rail n'a pas encore eu lieu.