LafargeHolcim n'a pas tardé à se trouver un nouveau patron après l'affaire syrienne qui a coûté son poste à Eric Olsen. Le groupe a annoncé lundi la nomination à partir du 16 octobre prochain de Jan Jenisch. Cet Allemand de 50 ans dirige actuellement le groupe suisse Sika, cible depuis deux ans d'une prise de contrôle rampante de Saint-Gobain qu'il a portée devant la justice.

"Jan Jenisch est un dirigeant très respecté pour sa capacité à générer d’excellents résultats de manière régulière, et il apporte avec lui une connaissance approfondie du secteur des matériaux de construction", s'est réjoui Beat Hess, le président de LafargeHolcim qui assurera l'interim jusqu'à l'arrivée du nouveau directeur général.

Vers 10h le titre LafargeHolcim bondissait de 5,8% sur le CAC 40 tandis que celui de Sika lâchait 1,5%.

Entré chez Sika en 1996, M. Jenisch y a occupé des fonctions de management à l'international, notamment en tant que président Asie-Pacifique de 2007 à 2012. Il a été nommé directeur général du groupe en 2012. Sous sa houlette, la capitalisation boursière de Sika a plus que triplé et la société a récemment fait son entrée au sein du SMI, l’indice boursier du marché suisse (Swiss Market Index), précise LafarageHolcim dans un communiqué.

Cité dans ce communiqué, M. Jenisch estime que LafargeHolcim "bénéficie d'un énorme potentiel à venir" et se dit "impatient" de rejoindre le groupe. L'un de ses premiers chantiers sera de reconstruire l'image du cimentier franco-suisse, ternie ces derniers mois par plusieurs affaires : financement indirect de groupes armés en Syrie, participation à la construction du "Mur Trump". Lors de la publication de ses résultats du premier trimestre LagargeHolcim a confirmé ses objectifs d'une croissance à deux chiffres de l'Ebitda à données comparables et d'une progression de plus de 20% du bénéfice par action récurrent en 2017. Il entend également mener à terme son programme de cessions de 5 milliards de francs suisses afin de se désendetter. Pour atteindre ces objectifs de croissance il table notamment sur la contribution de marchés tels que les Etats-Unis, l'Inde, le Nigeria et certains pays européens.