Après deux tentatives de rapprochement ratées, Schneider Electric et Aveva ont enfin trouvé un terrain d'entente. Le groupe français a annoncé mardi 5 septembre la fusion de ses activités logicielles avec celles du britannique pour former un nouvel ensemble dont il détiendra 60%, moyennant un paiement à Aveva de 550 millions de livres sterling (600 millions d'euros). Les actionnaires d'Aveva recevront également 156 pence par action à la clôture de l'opération, tirés de la trésorerie du groupe, soit 100 millions de livres.

Ce rapprochement "entre Aveva et les activités de logiciels industriels de Schneider Electric crée ainsi un leader mondial dans le secteur des logiciels industriels et d'ingénierie", a souligné Jean-Pascal Tricoire, PDG de Schneider Electric. Les deux groupes vantent en particulier la force du nouvel ensemble dans les logiciels de gestion de gazoducs et d'oléoducs ainsi que leur "complémentarité" sur le plan géographique.

Aveva a tiré près de la moitié de ses revenus (49 %) du Moyen-Orient du fait notamment de ses activités dans le pétrole et le gaz, tandis que le Français jouit d'une forte présence aux Etats-Unis (47 % de ses revenus) pour l'exercice clos le 31 mars 2017. Le nouveau groupe, qui cible en particulier le marché américain, représente un chiffre d'affaires combiné d'environ 657 millions de livres sterling (720 millions d'euros).

L'opération a été largement saluée par les investisseurs à la Bourse de Londres où le titre d'Aveva a bondi de près de 30% mardi. En revanche l'accueil a été plus froid à Paris où le titre Schneider n'a pris que 0,3%. Il s'agit de la 2e grosse acquisition coup sur coup pour Schneider après celle d'Asco Power Technologies aux Etats-Unis, un spécialiste de la gestion de l'alimentation électrique pour les bâtiments critiques, annoncée en juillet pour 1,07 milliard d'euros.