Solvay a annoncé mardi avoir conclu un accord de cession à BASF de l'ensemble de ses activités polyamides en Europe, en Amérique du Nord et en Asie ainsi que ses activités liées aux plastiques techniques "aval" en Amérique latine. Cette branche, qui emploie environ 2400 personnes à travers le monde, a réalisé des ventes de 1,31 milliard d'euros en 2016 soit environ 15% du chiffre d'affaires total de Solvay.

« La cession attendue de l’activité Polyamides marque une étape essentielle dans la profonde transformation du Groupe entamée il y a quatre ans. Cette opération permettra à Solvay de s’affirmer comme un Groupe de chimie à haute valeur ajoutée, en croissance soutenue et créateur de valeur durable » a souligné Jean-Pierre Clamadieu, directeur général de Solvay, dans un communiqué.

La transaction valorise cette branche héritée notamment de l'ex Rhône-Poulenc à 1,6 milliard d'euros, soit environ 8 fois le résultat brut d'exploitation (Ebitda) 2016. BASF ne reprenant qu'une partie des dettes, le produit net pour le vendeur est d'environ 1,3 milliard d'euros. Ce prix est assez nettement supérieur aux attentes des analystes qui tablaient sur une valeur d'entreprise entre 800 millions et 1 milliard d'euros.

Les deux groupes espèrent finaliser la transaction au 3e trimestre 2018, le temps pour les autorités de la concurrence européennes de se pencher sur le dossier. En effet, BASF est déjà le leader européen des polyamides et passerait au premier rang mondial avec ce rachat. Selon Le Monde, l'allemand a accepté de verser un dédommagement à Solvay si la transaction d'aboutit pas.

Interrogé par l'AFP, BASF s'est refusé à donner des précisions sur l'avenir des quatre sites repris en France, dont le plus important à Chalampé (Haut-Rhin) emploie environ un millier de personnes. L'avenir de ces sites sera décidé au moment d'un « plan d'intégration mis en place une fois l'acquisition bouclée », a précisé un porte-parole du groupe.

De son côté, Solvay a précisé que cette cession impacterait son résultat opérationnel cette année du fait de la déconsolidation des activités concernées. L'Ebitda est désormais attendu en hausse de 6 à 8% contre un objectif initial d'environ 10%, également freiné par la hausse de l'euro.

Vers 11h30, le titre Solvay recule de 1,3% sur un marché parisien à l'équilibre, tandis qu'à Francfort BASF cède 0,2%.