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Fusion minière: le cuivre n’échappe pas à la règle

Fusion minière: le cuivre n’échappe pas à la règle

(Easybourse.com) L'industrie minière mondiale du cuivre est en pleine phase de concentration. Entre baisse de la production et hausse galopante de la demande chinoise, les producteurs se regroupent pour réduire leurs coûts et tenter de faire face à la situation.

Nouveau rebondissement dans la consolidation minière mondiale. Dans la nuit du dimanche 19 au lundi 20 novembre, Freeport-McMoRan et Phelps Dodge sont parvenus à un accord au terme duquel le second accepte d’être racheté par le premier pour un montant de 25,9 milliards de dollars. Cette opération donnera naissance au premier groupe mondial coté de cuivre et au leader minier américain. La nouvelle entité, d’une capacité de production de 2,7 milliards de livres de cuivre, 1,8 million d'onces d'or et 69 millions de livres de molybdène en 2006, génèrera un chiffre d'affaires sur douze mois de 16,6 milliards de dollars et un Ebitda de 7 milliards de dollars.

Phelps Dodge est devenu une proie intéressante depuis que son projet de rapprochement avec les canadiens Inco et Falconbridge est tombé à l’eau en septembre dernier. Le canadien était alors devenu une cible et les rumeurs allaient bon train sur l’intérêt que lui portait Grupo Mexico.

Cette opération fait suite au rapprochement du brésilien Companhia Vale do Rio Doce (CVRD) avec le canadien Inco et le rachat de Falconbridge, également canadien, par le groupe anglo-suisse Xstrata.

Le 6 novembre dernier, CVRD, numéro un planétaire du minerai de fer et acteur de premier rang dans les minéraux industriels (bauxite, cuivre, kaolin, manganèse, nickel et potassium), a annoncé qu'il détenait 86,57% d'Inco, deuxième producteur mondial de nickel, mais également présent sur le segment du cobalt, des métaux précieux et du cuivre. Montant de l’opération ? 17,6 milliards de dollars.

Côté résultats, Inco a produit 277 millions de livres de cuivre raffiné ainsi que 10 millions de livres de concentré de cuivre en 2005 et 419 000 onces troy de platinoïdes. Pour sa part, le groupe brésilien a autorisé à l’automne 2005 le lancement du «Projet 118» relatif au cuivre et situé dans la région du Carajás (Etat du Pará). CVRD va exploiter à ciel ouvert un gisement de cuivre en oxydés à minerai traité sur place par SX-EW. La mine devrait produire 36 000 tonnes par an de cuivre métal pendant une durée de 11 ans. La mise en production est prévue durant le premier semestre 2008. CVRD est en route pour atteindre son objectif de production annuelle de 650 000 tonnes d’ici à 2011.

Autre opération du genre : le rachat du canadien Falconbridge par le groupe anglo-suisse Xstrata. Ce premier, qui réalise 50% de son chiffre d’affaires dans le cuivre, est également une des plus importantes entreprises de recyclage et de traitement de matières métallifères au niveau mondial. Le groupe affiche un chiffre d’affaires deuxième trimestre 2006 de 3,9 milliards de dollars, un résultat qui a presque doublé par rapport à la même période en 2005. Ce sont de telles caractéristiques qui ont poussé les majors du secteur à s’intéresser au canadien. Ainsi en est-il du mariage annoncé fin juin d’un mariage à trois entre Phelps Dodge, Inco et Falconbridge. Ils y ont mis un terme fin juillet après que le suisse Xstrata eut surenchéri sur Falconbridge. Le 2 novembre dernier, le groupe Xstrata a annoncé l’acquisition complète de Falconbridge pour un montant de 17,3 millions de dollars.

A l’origine de ce mouvement de consolidation ? La progression galopante de la demande chinoise de cuivre. L’urbanisation croissante de la population tire à la hausse la demande dans les secteurs de la construction, de l’industrie automobile ou encore de l’électricité, très friands en cuivre. Selon le rapport CyclOpe 2006 sur les marchés mondiaux, «en 2005, les importations chinoises de concentré ont bondi de 41% par rapport à l’année précédente, s’établissant à 4,1 millions de tonnes». «Il y a 10 ans, elle représentait 10% de la consommation mondiale contre plus de 20% aujourd’hui. Il s’agit du deuxième marché après l’Europe», souligne Olivier Tissot, le directeur du Centre d’information du cuivre, avant de conclure que «cette tendance ne devrait pas se poursuivre […] la majeure partie de la population chinoise vivant dans des zones rurales tandis que la consommation en cuivre concerne surtout les mégapoles».

P.C.


Publié le 28 Novembre 2006