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Interview de Fabienne Lecorvaisier : Directeur Finances et Contrôle de gestion du groupe Air Liquide

Fabienne Lecorvaisier

Directeur Finances et Contrôle de gestion du groupe Air Liquide

La reprise est bel et bien là malgré un certain nombre de contrastes

Publié le 04 Août 2010

Air Liquide a fait état de résultats en nette progression pour ce premier semestre. Comment expliquez-vous cette bonne performance ?
Cette performance de qualité est le fruit de l'augmentation continue de la demande de nos clients mais aussi de la capacité d'adaptation du Groupe à un nouvel environnement, grâce à son programme Alma.

La marge opérationnelle atteint 16,6%, soit plus 160 points de base, ce qui est à la fois supérieur à celle du premier semestre 2009 mais également supérieur à la moyenne de l'année dernière. Cette amélioration significative s'explique tout d'abord par la reprise de l'activité et plus précisément la reprise des volumes consommés par nos clients. Ensuite nos efforts de gestion sur les coûts effectués en 2009 ont porté leurs fruits et nous continuons à en bénéficier. Enfin, nous avons mis en place de nouveaux programmes d'efficacité qui ont permis de générer 145 millions d'euros au premier semestre 2010.

Ces projets d'efficacité sont répartis dans le monde et sont orientés vers la centralisation des achats qui représente près 30% de l'ensemble. Par ailleurs, environ 50% de ces programmes sont constitués de projets de productivité aussi bien dans le domaine de la consommation d'énergie, de l'industriel et de l'optimisation de la logistique.

Les pays émergents ont joué un rôle moteur dans vos résultats…

Effectivement, la croissance est tirée par les économies émergentes qui croissent de +30% dans l'activité Gaz et Services au premier semestre contre +6% seulement pour les économies dites matures [Europe, Etats-Unis, ndlr]. En revanche, la marge est en amélioration dans toutes les zones.

Quelle est la politique d'Air Liquide en termes de croissance externe ?

Nous avions annoncé en 2009 que compte tenu d'un rythme un peu plus faible de signatures de nouveaux projets –dans le contexte de crise-, nous compenserions cela par des acquisitions et par des reprises de sites. Aujourd'hui, une grande partie de nos clients produisent encore eux-mêmes leurs gaz industriels, mais nous constatons une tendance à l'externalisation progressive. C'est clairement l'un de nos leviers. Nous proposons ainsi à certains de nos clients de reprendre leurs unités existantes afin de leur permettre de se concentrer sur leur propre métier.

Au premier semestre, nous avons réalisé trois reprises de sites importantes, respectivement en Corée du Sud, en Allemagne et aux Etats-Unis. La progression de cette tendance à l'externalisation nous permet de retrouver de la croissance dans les économies matures, sur des marchés qui évoluent un peu moins vite.

Air Liquide n'a pas souhaité donner plus de précisions sur ses perspectives de croissance au titre de l'exercice 2010...
Sur la base des tendances actuelles, nous maintenons notre objectif d'une nouvelle croissance du résultat net en 2010, dans la continuité de nos performances historiques. Pour l'instant, nous n'avons pas communiqué d'objectifs chiffrés à moyen terme. Conformément à ce que nous avions dit aux marchés, nous établirons en décembre des chiffrages plus précis sur l'horizon 2015.

Notre dynamique d'investissement a clairement retrouvé ses niveaux d'avant crise, avec un portefeuille d'opportunités au-dessus du niveau de 2008 et au total plus d'un milliard d'euros de nouveaux projets signés fin juillet. Nous sommes donc très confiants dans notre croissance à moyen terme.

Par ailleurs, notre projet d'entreprise Alma se poursuit. Pendant la crise, Alma a été en partie concentré sur la gestion des coûts et des liquidités. Nous profitons de cette période de reprise pour redéployer Alma de manière à soutenir l'ensemble de nos projets de croissance.

Les autres groupes présents sur le secteur ont publié des chiffres en forte hausse. C'est donc le secteur dans son ensemble qui a amorcé la reprise ?
Il n'y a aucun doute là-dessus, la reprise est bel et bien là malgré un certain nombre de contrastes qui demeurent. Toutefois il faut noter que nos concurrents affichent des ventes qui sont encore en dessous du niveau 2008 [le niveau pré-crise, ndlr].

Nous sommes pour notre part, pour nos activités Gaz et Services, déjà à 4% au-dessus du premier semestre 2008 et donc confiants dans la reprise.

Propos recueillis par Tahiry Marcel

Propos recueillis par Tahiry Marcel