Interview de Patrick Findeling : PDG de Plastivaloire

Patrick Findeling

PDG de Plastivaloire

Nous créons le leader français des équipementiers automobiles dans les pièces plastiques techniques

Publié le 22 Décembre 2010

Plastivaloire est l’un des tous premiers fabricants européens de pièces plastiques pour l'automobile, le multimédia et l'électroménager. Durement touché par la crise en 2008-2009, le groupe a dû licencier 80 personnes sur son site de Langeais (Indre et Loire). Il a depuis renoué avec les bénéfices et prévoit une importante acquisition en 2011. Son PDG Patrick Findeling explique sa stratégie en France et à l’international.

Vous publiez un bénéfice net de 7,2 millions d’euros en 2009-2010, contre une perte nette de 7,8 millions un an plus tôt. C’est un redressement inespéré…
Oui et non. Nous avons mis place un plan social l’année dernière. Ce sont des choses que l’on n’aime pas faire, mais cela a permis d’adapter nos capacités à la demande de nos clients industriels. On a serré les boulons un peu partout. C’est ce qui explique le rebond de notre activité cette année avec le redémarrage de nos principaux marchés : l’automobile, l’industrie électrique et le multimédia. Notre chiffre d’affaires a ainsi augmenté de 34% à 220 millions d’euros pour un résultat opérationnel courant de 9,7 millions d’euros (contre une perte de 2,9 millions en 2008-2009).

L’automobile représente une grosse part de votre chiffre d’affaires. Que prévoyez-vous pour ce marché en 2011 ?
Le marché automobile européen est affecté par la fin des primes à la casse, qui devrait peser sur les commandes en particulier au premier semestre 2011. Nous sommes donc prudents quant aux perspectives. Mais nous avons renforcé la structure financière du groupe au cours de l’exercice écoulé, avec un niveau de fonds propres de 110 millions d’euros. Malgré la hausse logique du besoin en fonds de roulement au regard de la reprise de l’activité, le taux d’endettement net s’est réduit à 9,4%, donnant au groupe les moyens financiers de poursuivre son rôle fédérateur dans un marché en cours de consolidation.

Vous avez annoncé pour 2011 l’acquisition de l’équipementier automobile Bourbon. Qu’attendez-vous de ce rapprochement ?
Bourbon, en tant que fournisseur de rang 1 de l’industrie automobile, nous donne un accès direct aux constructeurs (PSA, Renault, …) alors que nous travaillions jusqu’à présent uniquement avec des équipementiers (Valeo, Johnson Controls, …). C’est pour nous un avantage de discuter directement avec le client final. Surtout, Bourbon est présent sur un marché en plein essor, celui des pièces plastiques décorées, qui lui donne un socle solide d’activité de plus de 200 millions d’euros en 2011. Son intégration devrait par conséquent nous permettre de doubler notre chiffre d’affaires et de créer ainsi le leader français des équipementiers automobiles spécialisés dans les pièces plastiques techniques.

Prévoyez-vous d’autres acquisitions pour l’exercice en cours ?
Nous avons un projet d’acquisition en Allemagne, soutenu par le FMEA (ndlr : Fonds de modernisation des équipementiers automobiles, émanation du Fond stratégique d’investissement). L’objectif est de trouver un partenaire outre-Rhin, équipementier comme nous, qui puisse nous ouvrir les portes des constructeurs allemands. Ce sera toutefois une opération plus petite que le rachat de Bourbon : nous visons une entreprise entre 50 et 100 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Propos recueillis par François Schott