Interview de Jean-Baptiste Bosson : PDG de PSB Industries

Jean-Baptiste Bosson

PDG de PSB Industries

Si on souhaite continuer à développer notre marché, les Etats-Unis sont une étape essentielle

Publié le 06 Mars 2007

Vous souhaitiez parvenir à un résultat opérationnel de 10% du chiffre d’affaires sur l’exercice 2006, êtes-vous satisfait des résultats que vous venez de publier ?
Nous sommes très satisfaits, la fin d’année a été bien meilleure que prévue. C’est aussi vrai dans l’emballage sur mesure malgré un second semestre un peu moins bon qu’attendu pour une de nos activités d’emballage. Mais globalement, un résultat opérationnel de 9,8% est un très bon résultat. D’ailleurs en valeur absolue, c’est également le meilleur résultat qu’on ait jamais obtenu. Et ce, en dépit d’un contexte peu favorable à notre environnement, où les matières premières coûtent très chères, de même que l’énergie, et où le dollar est très bas.

Quels ont été les ingrédients de votre croissance ?
Le métier qui a connu la plus forte croissance est l’emballage cosmétique et parfumerie qui a connu à tout point de vue une bonne année. Nos clients, dont L’Oréal, LVMH entre autres, ont également connu une excellente année, et en particulier une très bonne seconde partie d’année, dont nous avons profité.

Ensuite, nous avons beaucoup investi dans nos usines pour rester très compétitifs, ce qui est primordial : si on ne se positionne pas dans une logique continuelle d’innovation, on ne gagne pas les marchés. Même constat si on est hors jeu niveau productivité et délai. Les investissements nous permettent de tenir aux meilleurs niveaux exigés par nos clients.

L’automatisation dépend surtout des volumes, puisqu’elle n’a de sens que sur les pièces de grandes séries et sera donc plus faible pour les pièces de petits volumes. Ceci étant, il est vrai que nous nous sommes beaucoup distingués sur les grand volumes et là, les niveaux d’investissements sont très importants, jusqu’à 2% du CA l’année dernière.

Vous comptiez augmenter votre capacité de production d’environ 70% un peu avant la fin du 1er semestre 2007, l’objectif a-t-il été atteint ?
On devrait commencer à porter cette capacité sur le marché à partir du mois de juillet, c’est-à-dire en fin de premier semestre. Mais il s’agit d’un démarrage délicat dans la mesure où nous avons été obligé de pratiquement doubler toutes les parties d’usine, ce qui n’est pas simple techniquement.

PSB Industries est un gros consommateur d’énergie et de matières premières. A combien estimez-vous les pertes de marge sur l’exercice 2006 ? Qu’en sera-t-il en 2007 ?
Sur deux ans, nous avons presque perdu 1% de marge brut. On a récupéré ça en bonne partie par des gains de productivité, mais ils ne sont pas retrouvés dans la marge finale, étant donnée qu’ils ont dû financer la hausse des matières premières.

Pour l’instant, contrairement à ce que l’on espérait, le prix des matières premières ne baisse toujours pas. La hausse étant derrière nous, nous avons eu le temps de négocier avec nos clients un certain nombre de contrats et pouvons par conséquent rester confiant. Et puis il y encore la possible indexation des prix…

Vous avez annoncez étudier les possibilités d’acquisition aux Etats-Unis, envisagez-vous toujours de telles opérations ?
Nous estimons toujours que, dans l’emballage cosmétique et parfumerie, il serait intéressant d’avoir une capacité de production américaine. Tout d’abord, parce qu’il y a de grands acteurs américains présents dans ce qui représente le plus grand marché mondial et qui ont pratiquement déserté le territoire américain au profit de l’Asie. Ensuite, parce que nos clients ont besoin d’avoir des unité de production près de chez eux, et enfin, parce que le dollar est très faible.

Si on souhaite continuer à développer notre marché, les Etats-Unis sont une étape essentielle.

Et dans le reste du monde ?
On a beaucoup regardé la Chine, mais pour l’instant, on hésite à y faire un investissement lourd car il s’agit d’un environnement compliqué. On se tient informé, mais nous ne nous sommes pas décidés à y investir pour le moment.

Il y a une question de qualité, et puis il y a tous les problèmes de taxes et de valeur ajoutée, de transport, de coût de douane, de logistique… Nous travaillons sur des produits avec des transports mondiaux, il ne faut pas qu’une caisse soit en retard lors d’un lancement… Il y a et il y aura des produits qui viennent de Chine, mais il ne s’agit pas encore de quelque chose d’indispensable.

De quelle marge financière disposez-vous pour y parvenir ?
Nous avons une dette qui est équivalente à nos fonds propres. Notre niveau d’endettement est d’environ 1,6% du CA, dans un contexte de taux d’intérêt très bas grâce à l’euro. Nous pensons par ailleurs que l’excédent de cash-flow devrait nous permettre de diminuer la dette 2007.

Toutefois, on ne pourrait pas durablement avoir une dette supérieure à nos fonds propres. On a connu deux années d’investissements exceptionnels, mais cette période est derrière nous. Nos moyens semblent assez limités, mais dans l’optique d’une opération stratégique, nous serons en mesure de trouver le financement nécessaire.

Quels sont vos principaux objectifs pour 2007 ?
On renouvelle notre objectif de rentabilité opérationnelle de 10%, avec une croissance du CA comprise entre 5 et 10%. Les investissements demeureront à un niveau élevé, à environ 10% du CA, avec le lancement des nouvelles installations dans la chimie de spécialités qui nous permettront de répondre à l’accroissement de la demande de nos clients.

Vous vous êtes impliqués dans l’éco emballage, sa part va-t-elle augmenter rapidement ?
Oui bien sûr. Il me paraît indispensable d’intégrer dans la réflexion de l’emballage, la notion d’écologie, tant au niveau des matériaux que des volumes, du nombre de pièces. Mais il faut aussi que derrière, il y ait une filière en ordre : séparer le carton du plastic est une bonne chose, à la condition de ne les retrouver pêle-mêle dans le sac poubelle de la ménagère. Ce qui est déjà très bien fait pour le verre, devrait être rapidement fait pour le carton et le plastic.
Il y a encore un long chemin à faire, autant lié aux producteurs qu’aux utilisateurs. On est sur la bonne voie, mais il s’agit d’un souci qui doit être permanent.

Propos recueillis par N.S.

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