Ce devrait être un soulagement. Athènes a annoncé ce mardi qu'elle rembourserait avec les intérêts les 8,5 milliards d'euros d'obligations arrivant à échéance le 19 mai. La faillite n'est donc pas pour tout de suite. Et pour cause : le pays vient de recevoir de l'Union européenne et du FMI ses premiers prêts, d'un montant total de 20 milliards d'euros.

«On a pu constater que l'ensemble des pays [de la zone euro] qui devaient se mobiliser pour que la Grèce puisse faire face à sa tombée de dette du 19 mai, avaient bien rempli les engagements», a commenté la ministre française de l'économie, Christine Lagarde, lors d'une conférence de presse à Bruxelles. «La France transmettra à la Grèce 3,3 milliards d'euros, ce qui correspond à notre quote-part, pour permettre à la Grèce de répondre à ses obligations», a-t-elle précisé.

Un effort colossal


En dépit de ce satisfecit, les responsables européens ont du souci à se faire, car la Grèce est «totalement incapable» de rembourser sa dette, qui s'élève à quelque 300 milliards d'euros, a affirmé mardi le président l'institut économique allemand Ifo, Hans-Werner Sinn. Autrement dit, le plan de 110 milliards d'euros adopté pour voler au secours de la république hellénique risque de pécher par sa modestie, et l'on va vers un défaut, ou du moins une restructuration de la dette grecque.

L'Ifo est un centre de recherches économiques reconnu outre-Rhin. Les propos de son président font écho à ceux de celui de Deutsche Bank, Josef Ackermann, qui avait exprimé des doutes quant à la capacité de la Grèce à rembourser sa dette.

Reste à savoir quel rôle la Banque centrale européenne est prête à jouer pour éviter le défaut d'un Etat membre. Hier, la BCE a indiqué avoir racheté pour 16,5 milliards d'euros d'obligations grecques la semaine dernière. Mais il faudra beaucoup plus pour sortir Athènes de l'ornière.