Lors d'un dîner hautement politique hier à Berlin, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont fait front commun sur leur sujet de prédilection : la régulation financière.

«Nous ne sommes pas encore satisfaits de ce qui a été fait depuis les premières réunions du G20 et nous pensons qu'il faut accélérer la régulation», a déclaré Angela Merkel lors d'une conférence de presse.

Les deux chefs d'Etats vont écrire une lettre commune au Premier ministre canadien, Stephen Harper, afin qu'il remettre la taxe bancaire à l'agenda du prochain G20 de Toronto, bien que cette taxe ait été rejetée lors de la dernière réunion des grands pays industrialisés. Le Canada, l'Australie, l'Inde et la Chine s'y sont notamment opposés.

Vers une taxe européenne sur les banques? 

«Nous ne sommes pas satisfaits de l'état des délibérations sur une taxe sur les banques», a reconnu Angela Merkel.

En dépit du volontarisme affiché par Paris et Berlin, il sera difficile de convaincre au G20. En revanche, cette taxe figure déjà dans le projet de texte final du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des pays de l'Union européenne, qui aura lieu ce jeudi à Bruxelles.

«Le Conseil européen est d'accord pour qu'une taxe sur les institutions financières soit introduite afin de garantir qu'elles contribueront à payer la facture des crises», peut-on lire dans ce texte qui prévoit l'instauration de la taxe en octobre 2010.

Toutefois, au-delà du principe de la taxation, de nombreux points restent à éclaircir. La Commission européenne souhaite que les fonds récoltés viennent alimenter un fonds d'assurance du secteur financier pour venir en aide aux établissements en cas de crise future. Mais des pays comme l'Allemagne ou la France préfèreraient que le produit de la taxe - qui sera perçue par chaque Etat - alimente directement les budgets nationaux.