Le projet de taxation bancaire se précise pour les principales économies d'Europe : mardi soir, Paris, Londres et Berlin ont annoncé dans un communiqué commun la mise en place d'une taxe sur les banques. Pour les trois pays, elle devrait être assise sur le bilan des groupes bancaires et serait fonction des risques que ces derniers font encourir à leur système financier. «Il s'agit de faire en sorte que le secteur financier contribue de manière juste et substantielle au financement des interventions publiques en soutien au secteur bancaire ou en cas de crise financière» précise le communiqué.

Toutefois, selon le système fiscal de chacun et le contexte économique, des variations sont à prévoir dans les modalités d'application: «Nous n'aurons pas nécessairement la même assiette, ni le même taux, ni la même affectation. Cela dépendra du poids du secteur financier de chaque pays», explique ainsi une source gouvernementale française. Mais dans l'absolu, l'objectif est d'obtenir un niveau de prélèvement qui garantisse «des conditions équitables» pour tous.

En avance sur ses voisins, la Grande Bretagne avait déjà présenté hier les modalités d'application de sa taxe bancaire dans le cadre de «son budget de crise et d'austérité». Selon le ministre des Finances britannique, Georges Osborne, la taxe devrait être appliquée aux banques dès janvier 2011, à hauteur de 0,04%, puis de 0,07%. La France pour sa part fournira de précisions sur sa taxe bancaire dans le projet de loi des finances 2011, soumis au Parlement à l'automne. Selon la source gouvernementale française, «il est fort probable que le produit de cette taxe soit inférieure en France à ce qu'elle sera en Grande-Bretagne», le secteur financier britannique étant plus développé que celui français.

A trois jours du sommet du G20 à Toronto, la coordination sur la taxation bancaire marque la volonté des trois pays d'avancer. Cependant, pour Paris, l'application de ce genre de mesure par l'ensemble des économies du G20 est un combat perdu d'avance. D'autant que le Canada, pays hôte lui-même, a signifié son opposition à une éventuelle taxe commune.