Sécheresse en Russie l'été dernier, inondations en Australie actuellement, ces facteurs climatiques défavorables aux cultures ont poussé à la hausse notamment les cours des prix du blé. Si la situation se poursuit, la France pourrait songer à limiter ses exportations de blé pour maintenir un niveau de stocks adapté dans le pays, a indiqué ce mardi sur Canal+ le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire.

'Si jamais la crise devait se poursuivre, il faudrait prendre des dispositions pour limiter les exportations et garantir le niveau des stocks', a expliqué le ministre. Toutefois, il a précisé qu'actuellement les réserves françaises de céréales étaient suffisantes.

Inondations en Australie après la sécheresse en Russie

En Australie, le Queensland, le New South Wales et la région de Victoria, sont concernés par ces inondations et représentent environ 42% de la production de blé nationale, selon Agritel. Ainsi, toute une partie de la récolte de blé pourrait voir sa qualité détériorée ou être détruite. L'Australie exporte environ 15 millions de tonnes de blé chaque année.

L'été dernier, alors qu'une sévère sécheresse a touché la Russie, le pays a cessé toutes ses exportations en juillet. La répercussion sur les cours des matières premières agricoles ne s'est pas fait attendre. Le cours du blé à Paris est passé de 130 euros la tonne début juin 2010 à 232 euros début septembre, et s'est établi à 256 euros vendredi dernier. A Chicago, le cours est passé de 446 dollars la tonne fin juin à 785 dollars début août, puis 774 dollars vendredi dernier.

Selon des spécialistes du secteur, il ne serait pas impossible que le prix de la tonne de blé bondisse cette année jusqu'à 300 euros. Lors de son interview sur Canal+, Bruno Le Maire a également plaidé en faveur d'un 'encadrement et une limitation de la spéculation' sur les matières premières agricoles, et d'une meilleure coordination entre Etats.

Cette situation de forte hausse des prix des matières premières agricoles peut avoir des conséquences sur les éleveurs mais aussi l'ensemble du secteur agroalimentaire, la dernière étape étant la possible répercussion sur les prix pour le consommateur final.