Les chefs d’Etat de la zone euro ont du pain sur la planche ce vendredi. Réunis ce soir à Bruxelles, ils vont devoir à nouveau rassurer des marchés en plein doute après les dégradations des notes souveraines de la Grèce et de l’Espagne annoncées cette semaine par Moody’s.

Au menu du sommet européen figure un document politique poussé par l’Allemagne et la France et baptisé « pacte pour l’euro ». Ce texte enjoint les membres de la zone euro à tous tendre vers les mêmes objectifs : augmentation de la compétitivité et de l’emploi, assainissement des finances publiques…la réalisation de ces objectifs devant être débattue chaque année entre partenaires de la monnaie unique. D'autres mesures comme « l’alignement de l’âge de la retraite sur l’espérance de vie » ou encore l’harmonisation du taux d’impôt sur les sociétés (une allusion au dumping fiscal pratiqué par l’Irlande notamment) pourraient être évoquées.

L'euro se raffermit

Mais au-delà des grandes orientations de politique économique, la réunion devra aussi trancher sur des sujets plus brûlants comme la réforme du Fonds européen de stabilisation financière (FESF) et ses moyens d’intervention. Actuellement doté de 440 milliards d’euros, ce fonds de secours doit passer à 500 milliards d’euros. Mais l’Allemagne s’oppose à ce que cette somme serve à acheter des obligations d’Etats en difficulté, préférant un système de prêt comme c’est le cas avec l’Irlande et la Grèce. Or, ces dernières contestent aujourd’hui les conditions de remboursement imposées par leurs partenaires européens et veulent obtenir une révision à la baisse de leur taux. Il y a à nouveau le feu dans la maison européenne...

Après avoir grimpé jusqu’à 1,40 dollar en début de semaine, l’euro s’est ensuite replié jusqu’à toucher 1,3794 hier soir. Dans l'espoir d'un accord, il se raffermit ce soir à 1,3839 dollar. Attention retour de bâton si les espoirs étaient déçus.