Le 11 mars dernier, José Socrates le premier ministre du Portugal présentait son nouveau plan d’austérité à la Commission européenne et à la Banque centrale européenne ( BCE). Ce plan prévoit des hausses d'impôts sur les retraites à partir de 1500 euros, le gel des pensions minimales, la diminution des prestations sociales jusqu’en 2013, ainsi que la baisse des dépenses de santé, et d’importantes réformes du marché du travail.

Désaccord farouche du principal parti d’opposition

Ces mesures n’ont pas laissé de marbre la population qui a multiplié ces dernières semaines les grèves et manifestations.
Le Parti social démocrate, principale formation d'opposition au Portugal (centre droit) refuse de voter les nouvelles mesures d'austérité.
Pedro Passos Coelho, chef de file du PSD soutient les objectifs de consolidation fiscale présentés à l'Union européenne (pour une réduction budgétaire et contrôle des déficits", à 4,6% du PIB en 2011 et à 3% en 2012) mais dénonce le fond et la forme des mesures annoncées. Pedro Passos Coelho reproche à Socrates d'être allé directement négocier « en cachette » avec Bruxelles et Berlin, prenant par surprise la classe politique locale, jusqu'au président de la République, Anibal Cavaco Silva.

Une crise politique néfaste pour la bonne santé de l’économie

Si le plan d’austérité n’est pas voté, une crise politique interne risque d’émerger. Le premier ministre menace de démissionner et d’ouvrir ainsi la voie à des élections anticipées. Il menace également de ne pas venir au sommet européen qui se tient jeudi et vendredi. Ce sommet est crucial pour les 27 qui doivent entériner le «pacte pour l'euro» obtenu à l'arraché la semaine dernière dernier, dont la principale mesure porte sur le renforcement du Fonds de stabilité financière (FESF), de 250 à 440 milliards d'euros. «Il y a une chose que je ne ferai pas, c'est aller à un sommet européen sans pouvoir m'engager», a-t-il déclaré.


Cette tension croissante ne risque pas de rassurer les marchés et les agences de notation resteront sceptiques sur la capacité du Portugal à assainir ses finances publiques. La semaine dernière, Moody’s procédait déjà à un abaissement de la note souveraine du Portugal de A1 à A3 - l'agence n'excluant pas de le faire à nouveau. Le lendemain de cette dégradation, le pays a dû concéder un taux de 4,33% pour placer 1 milliard d'euros de dette, un taux supérieur à celui de 4,05% accepté par le marché le 2 mars, lors de la dernière opération à un an. Le Trésor portugais, qui prévoyait d'émettre entre 750 millions et un milliard d'euros, a vu la demande atteindre 2,2 fois l'offre, contre 3,1 fois lors de la précédente adjudication.

Le Portugal doit faire son retour sur les marchés obligataires début avril. D'ici le 15 juin, le pays fera face à d'importantes échéances de dette (plus de 9 milliards d'euros). Si dans les prochains jours les taux d'intérêt s'envolent à 8% (contre 7% à 7,5% sur dix ans ces derniers jours), le Portugal aura du mal à faire seul face aux pressions des marchés.

Vers une voie sans autre issue que le FMI

«Je ne conçois pas que le premier ministre n’aille pas à ce sommet. Le bras de fer est principalement interne au pays. Il ne recouvre pas de dimension européenne. Au demeurant, je ne pense pas que l’opposition maintiendra son opposition au plan d’austérité. Il me semble que le PSD choisira in extremis de voter en faveur de ce plan pour la simple raison que cela serait