L’aide avait été demandée le 7 avril dernier face à des difficultés importantes de refinancement sur le marché en raison de taux d’intérêt prohibitifs.

L’aide doit encore être entérinée par les ministres des finances de l’Union européenne le 16 mai prochain mais elle devrait s’élever à 78 milliards d’euros et être assortie d’un programme de trois ans en vue de réduire progressivement le déficit : à 5,9% du PIB en 2011, à 4,5% en 2012 et à 3% en 2013. Ces objectifs sont moins sévères que ceux que s’étaient fixés le gouvernement portugais initialement (respectivement de 4,6%, de 3% et de 2%).

«L’objectif de 3% en 2013 était peu ou prou dans les clous. Cet objectif parait suffisant. Le programme d’assainissement du gouvernement était trop rapide. A présent les conditions posées, qui résultent de longues discussions entre les parties concernées, semblent plus réalistes. Ceci étant, la réduction du déficit qui est exigée demeure impressionnante» commente Thibault Mercier, économiste spécialisé sur les pays périphériques de la zone euro au sein de BNP Paribas.

En 2010, le déficit du Portugal s’élevait à 9,1% du PIB.

Les mesures que le pays doit mettre en œuvre en échange de l’enveloppe financière ne sont pas encore définitivement arrêtées. Elles doivent faire l’objet d’une consultation auprès des partis de l’opposition.

José Socrates, le premier ministre démissionnaire, a cependant précisé que ces mesures ne comprendraient pas celles évoquées récemment par la presse, comme la suppression du 13ème et 14ème mois des fonctionnaires et des retraités, une réduction du salaire minimum, des licenciements et des baisses de salaires dans la fonction publique.

«Je pense que le gouvernement sera en mesure d’honorer ses engagements en dépit de l’absence de telles mesures. On s’accorde à penser que la situation du Portugal est particulière et en cela pas comparable à la situation de la Grèce et de l’Irlande. Elle appelle une réponse moins drastique» observe Thibault Mercier.

Sont attendus à présent plus de détails sur la maturité et sur le taux d’intérêt du prêt. «La maturité est de 7,5 ans pour la Grèce et pour l’Irlande. Cela donne un bon benchmark pour cette aide octroyée au Portugal» précise l’économiste de la BNP.

Quant au taux d’intérêt, le prêt accordé à la Grèce a été assorti d’un taux de 4,20%, celui de l’Irlande de 5,8%. Ainsi pour Thibault Mercier, «nous avons donc une fourchette comprise entre 4,2% et 5,8%. Ce taux devrait de toute manière être supérieure au taux de refinancement du Fonds de stabilisation qui est de 2,8%».

Une conférence de presse devrait être tenue demain par les représentants du FMI et de la Commission pour livrer davantage d’informations.