Les ministres de finances de la zone euro se sont mis d’accord hier à Bruxelles sur le nom de Mario Draghi comme futur gardien de la politique monétaire européenne. Cet Italien de 63 ans doit prendre la succession du français Jean-Claude Trichet au poste de président de la Banque centrale européenne, le 1er novembre prochain. Sa nomination doit encore être confirmée fin juin lors du sommet des chefs d’Etats et de gouvernements de l’Union européenne.

Professeur d’économie, diplômé du MIT, « Super Mario » a navigué entre les postes de haut fonctionnaire (à la Banque mondiale puis à la direction du Trésor italien de 1991 à 2001) et le privé (vice-président de la banque d’affaires Goldman Sachs de 2002 à 2005). Il occupe depuis 2006 le poste de président de la banque centrale italienne et assure également la présidence du Conseil de Stabilité financière, un organisme chargé de refondre le système bancaire mondial.

Sa nomination s'annonce comme une formalité dans la mesure où Nicolas Sarkozy, José Luis Rodriguez Zapatero, et Angela Merkel lui ont déjà affirmé leur soutien…non sans certaines hésitations de la chancelière allemande. Berlin aurait en effet préféré pousser la candidature du président de la Bundesbank, Axel Weber, avant que ce dernier ne renonce. 

Profitant de cette défection, Mario Draghi s’est employé à rassurer la chancelière allemande sur ses intentions à la tête de la BCE, qualifiant l’Allemagne de « modèle ». Il aura pour lourde tâche de maintenir l’unité de la zone euro à l’heure où certains de ses membres connaissent de graves difficultés financières.