Le problème essentiel que ce semble souligner ce rapport parlementaire est un problème de croissance. Le ministre grec avait annoncé il y a quelques semaines que la récession dans le pays allait être beaucoup plus forte que prévue aux alentours de -4, -5%.

La dégradation de l’activité n’a pas permis de générer des recettes budgétaires en ligne avec les schémas précédemment négociés. Le déficit primaire devrait se révéler deux fois plus important que ce qui avait été prévu, au-delà des 1,7% programmés par rapport au PIB. Le nouveau taux mis en avant est de 2,5%.
Dans ces conditions le déficit budgétaire ne peut pas être stabilisé. Il sera à -10% au lieu de -7%. La Grèce est condamnée à voir sa dette continuer à augmenter à 150-175% du PIB. Il faudra attendre 2015 avant de voir une détente de cette dette.

Les parlements nationaux n’ont toujours pas voté le second plan d’aide à la Grèce. D’aucuns se demandent si l’on ne peut-on pas craindre, à l’annonce de cette nouvelle, un report de l’aide à la Grèce.

«C’est parce que la Grèce est en difficulté structurelle, qu’elle est au bord de la faillite depuis le deuxième trimestre, qu’elle n’est pas capable d’assurer ses financements et qu’elle n’est pas capable de lever l’impôt, qu’il faut que la solidarité européenne joue comme l’ont promis les dirigeants européens. La dette grecque cessera d’être hors de contrôle si l’on aide le pays à se restructurer. La dette grecque continuera à être hors de contrôle si des pays comme la Finlande ou la Slovénie demandent des garanties non justifiées» répond Patrice Gautry, chef-économiste d'Union Bancaire Privée sur BFM Business.

Le retour du dossier grec sur le devant de la scène avec tout d’abord la demande de garantie de la Finlande et à présent ce rapport parlementaire accentue le risque de contagion de la crise à l’Espagne et à l’Italie.

Ce mercredi matin, Madrid a procédé à une émission obligataire. L’adjudication est ressortie avec un ratio en baisse par rapport au mois précédent à 1,7 contre 2,8. La prime de risque s’est dégradée de 13 points de base.
Mardi l’émission italienne s’est faite avec un ratio relativement bas de 1.3. L’Italie est tout juste parvenue à placer ses obligations malgré l’intervention massive de la BCE.
«Le rachat de la banque centrale européenne n’a pas pour effet de rassurer le marché, bien au contraire. Les investisseurs se demandent que valent réellement les obligations espagnoles et italiennes tant les interventions de la BCE sont importantes» commente Emeric Challier, responsable gestion de taux internationaux chez Avenir Finance IM.

Les pays dits «cœur» de la zone euro ne sont pas épargnés. «La France est également sous tension. L’écart des taux d’intérêt sur les OAT sur la partie intermédiaire de la courbe avec le bund allemand représente 62-63 points de base. La prime de risque française est en hausse de 5 points de base» signale Emeric Challier.