Le mini sommet de Strasbourg de jeudi entre Angela Merkel, Nicolas Sarkozy et Mario Monti, n’a décidément pas rassuré les investisseurs. Ces derniers attendaient plus de précisions quant à une intervention plus massive de la Banque centrale européenne et une visibilité quant à la création des euro obligations. Sur ces deux points, l’opposition d’Angela Merkel l’a emporté.

Dans ce marché très politique et stressant en conséquence, il n’y a plus vraiment de valeur refuge. Même le bund allemand est affecté. Le taux à dix ans allemand est passé de 1,90% à 2,25%. Ce grand mouvement est notamment le résultat de l’échec de l’adjudication opérée par le Berlin cette semaine.

Rome a émis ce matin 10 mds d’euros à des taux exorbitants, 6,5% pour une maturité de 6 mois (quasiment le double de la dernière adjudication du même type), plus de 8% pour une maturité à 2 ans. Le taux à dix ans italien se situe, quant à lui, à un niveau de 7,32%.

L’Espagne n’est bien entendu pas épargnée avec un taux à dix ans supérieur à 6,5%. Face à une croissance morne, le marché s’attend à ce que le pays manque son objectif de déficit budgétaire pour 2011.
Selon l’agence Reuters, face aux difficultés éprouvées par le pays à se refinancer sur les marchés dans de bonnes conditions, le nouveau gouvernement de Mariano Rajoy étudierait la possibilité d’avoir recours à une aide internationale.