Le spread entre le taux à dix ans allemand et le taux à dix ans italien est d’environ 530 points de base. Ce spread rend compte d'une probabilité de défaut de l’Italie  considérable, de deux chances sur trois. «Je ne vois pas comment cela pourrait être pire» commente Philippe Brossard.

Le marché semble par ailleurs intégrer une dévaluation de la devise italienne de 40%. Autrement dit, dans le cas où l’Italie viendrait à sortir de la zone euro et que le pays récupérait sa devise domestique, le taux de change imaginaire qui permettrait d’égaliser la stratégie sur le taux allemand et la stratégie sur le taux italien, supposerait une dévaluation de 40%. «Une sortie de l’Italie de la zone euro aurait certes des conséquences majeures mais pas d’une telle ampleur» remarque Philippe Brossard.

De ce fait, le marché aurait déjà pricé selon l'économiste un scénario on ne peut plus noir.
En conséquence, l'expert conclut que ce qui pourrait se passer à l'avenir sur le compartiment de la dette souveraine européenne ne pourrait pas tellement empirer les variables financières, notamment pour qui est des marchés actions, l'énorme décote de beaucoup de valeurs, en particulier financières, par rapport à leur actif net.