En élargissant les critères d’éligibilité et en autorisant un assouplissement des exigences de qualité des actifs à apporter en collatéral lors de la prochaine opération de refinancement à long terme qui doit être lancée le 29 février prochain, l’objectif recherché par la BCE est de servir le plus grand nombre d’institutions bancaires.
Les conditions d’accès aux prêts de la BCE pour les petites banques en particulier étaient trop dures selon Mario Draghi. Faciliter l’accès à la liquidité à ces petites banques sera une manière de mieux faire circuler l’argent jusqu’aux PME-TPE qui constituent un bloc important de l’activité économique de la zone euro.

Jens Weidmann, président de la Bundesbank ne l’entend pas de cette manière. Un approvisionnement trop généreux en liquidité pourrait créer des déséquilibres dans le système financier de la zone euro, dissuader les banques de se prêter de nouveau entre elles et de refaire fonctionner normalement le marché interbancaire et générer une plus grande inflation pour l’avenir.

M Draghi est passé outre ces objections rétorquant hier que la première opération de refinancement de long terme réalisée en décembre avait permis d’éviter un sérieux crédit crunch qui aurait été fatal pour la zone euro. Il a expliqué qu’il escomptait des effets plus positifs de la de la deuxième opération de refinancement.

S’agissant de l’augmentation du risque découlant de l’extension du champ des actifs pouvant être accepté en collatéral, M Draghi admet que le risque pris par les banques centrales nationales s’avérera au final plus important. Cependant « des mesures ont été prises pour assurer une gestion adéquate de ce risque. Un contrôle de ce risque sera par ailleurs fait par le conseil des gouverneurs de la BCE au bout de six mois ».

Critiqué sur le fait qu’en autorisant chaque banque centrale d’apprécier librement la manière dont elle compte étendre le champ des actifs éligibles, la BCE créée une « balkanisation » ou « désintégration » de la politique monétaire européenne, M Draghi répond là encore que les banques centrales sont les mieux placées pour juger de la qualité de ces actifs.

Ainsi si la Bundesbank a décidé de ne pas adhérer à cette possibilité accordée par la BCE et de maintenir tel quel le champ de ses actifs éligibles, cela ne sera pas le cas de la Banque de France et de la Banque d’Italie.

La Banque de France a signalé qu’elle accepterait au maximum des actifs présentant une probabilité de défaut de 1% à court terme.