« On ne peut tout simplement pas y arriver, même dans la seule zone euro », a déclaré Wolfgang Schaüble lundi à propos de l’instauration d’une taxe sur les transactions financières à l’échelle européenne.

L'Allemagne défendait pourtant, avec la France et sept autres pays, l’idée de cette taxe. Mais le ministre allemand des finances a reconnu qu’il existait « de sérieux doutes provenant de plusieurs pays », non seulement au sein de l’Union européenne (la Grande-Bretagne y est farouchement opposée) mais également au sein de l’Eurogroupe.

«On essaiera donc autre chose », a ajouté M. Schaüble, évoquant l’instauration d’un « droit de timbre » ou encore de « mesures de régulation pour combattre le trading à haute fréquence ». L’Allemagne suivrait ainsi peu ou prou l’exemple de la France, qui appliquera au 1er août une taxe sur certaines transactions financières, notamment le trading à haute fréquence (voir notre article : La taxe Tobin ne fait plus peur).

En revanche l’idée d’un dispositif commun à tous les pays européens s’éloigne de plus en plus. D’après la Commission européenne, une taxe de 0,1% sur les actions et obligations et de 0,01% pour les produits dérivés échangés, appliquée à l’ensemble de l’Union européenne, aurait rapporté jusqu’à 57 millions d’euros par an. Mais les places financières européennes, en particulier Londres, craignaient de perdre beaucoup plus en cas de délocalisation de certaines activités aux Etats-Unis ou en Asie.