Rome est parvenue à atteindre le haut de la fourchette d’émission qu’elle s’était fixée, entre 3,75 milliards d’euros et 6,25 milliards d’euros. Des titres de quatre maturités différentes ont été placés, mai 2017, septembre 2022, avril 2016 et février 2019.

Cependant, cette levée de fonds n’a pas été sans coût. Le taux à 5 ans s’est élevé à 4,86% contre 4,18% lors de la précédente adjudication, il y a un mois. Le taux à dix ans est monté à 5,84% contre 5,24% en glissement mensuel.

Les taux à cinq ans et dix ans sont ainsi à leur plus haut depuis janvier.

Les dernières nouvelles dans la zone euro n’ont pas rassuré les investisseurs sur l’évolution de la crise de la dette dans la zone euro.
Si aux Pays-Bas, le gouvernement a trouvé un accord avec trois partis opposants sur les coupes de dépenses pour 2013, en Espagne, le taux de chômage est ressorti en progression à 24,4%. Par ailleurs, jeudi soir, l’agence de notation Standard & Poor’s a fait état de sa décision  de dégrader la note de crédit de long terme de la quatrième économie de la zone euro de A à BBB+.

Les craintes des investisseurs étaient déjà alimentées par la croissance quasi nulle de l’économie italienne et la très probable incapacité du gouvernement de Mario Monti, en place depuis novembre 2011, de respecter les objectifs de réduction de la dette et de réduction du déficit pour cette année.
M Monti ayant, lui même, récemment confessé ne pas être en mesure de conduire le pays à l’équilibre budgétaire avant 2015 alors qu'un rendez-vous pour 2013 avait initialement été fixé.

Jeudi, le chef du gouvernement italien a ajouté que les coupes budgétaires avec uniquement des réformes structurelles ne permettraient jamais de délivrer de la croissance. «S’il n’y a pas de demande, les réformes sont inutiles et il n’y aura pas de croissance» a-t-il précisément déclaré.
Les mesures d’austérité doivent alors s’accompagner d’investissements ciblés pour améliorer la compétitivité, juge M Monti.

En attendant, l'absence de dynamique interne laisse peu de chance à l'Italie d'assainir efficacement ses finances publiques. Et c'est ce qui inquiète le marché. 

A noter que l’Espagne a réalisé 50% de son programme de refinancement sur les marchés pour cette année, alors que l’Italie n’en a réalisé que 35%.