«L’Espagne connait une situation compliquée. Il y a un sérieux risque que les investisseur n’acceptent plus de nous prêter de l’argent ou qu’ils le fassent à un taux astronomique» a déclaré Mariano Rajoy devant les députés espagnols.

Le taux à dix ans espagnol se situe à 6,32% ce mercredi après-midi. C’est un niveau proche du seuil des 7%, auquel la Grèce, l’Irlande et le Portugal ont du demander de l’aide extérieure.

L’écart entre le taux espagnol et le taux allemand s’est élevé à 500 points de base- soit le niveau le plus élevé enregistré depuis la création de l’euro en 1999-avant de redescendre à 475 points de base.

«L’écart de taux a tellement progressé qu’il est devenu très difficile de se refinancer sur les marchés» a averti M Rajoy.

Celui-ci poursuit, « la zone euro a besoin d’être renforcée. Je ne veux pas que la Grèce sorte de la zone. Je pense que cela serait une grande erreur, une très mauvaise nouvelle. Je crois que la soutenabilité de la dette publique doit être garantie et que nous devons tous remplir nos engagements ».

Pour M Rajoy, le pays a pris jusque là, les mesures qu’il devait prendre pour redresser ses finances et doit simplement poursuivre sur sa lancée. 40 milliards d’euros d’économies sont censés être dégagés cette année.

Cependant, les investisseurs sont de plus en plus inquiets concernant la survie de la zone euro et sur la capacité du gouvernement espagnol de respecter son objectif de réduction de déficit à 5,3%, contre 8,5% fin 2011, dans un contexte de récession et de chômage important.
Le taux de chômage a dernièrement touché les 24,4%. La croissance économique est attendue en recul de 1,7% d'ici fin décembre.

L’Espagne doit, par ailleurs, faire face à deux problématiques majeures, le déficit budgétaire de certaines de ses régions et la vulnérabilité de son secteur bancaire consécutivement à l’éclatement d’une bulle immobilière en 2008. La restructuration de ce secteur a déjà nécessité et nécessitera certainement encore l’intervention du gouvernement. Ceci devrait contribuer à détériorer davantage les finances publiques.

Plus de la moitié du programme de refinancement de l'Espagne pour cette année a été effectué. Néanmoins, le Trésor espagnol doit encore procéder des émissions obligataires. Une adjudication doit se dérouler ce jeudi à échéance 2015 et 2016 .

De nombreux experts des marchés espèrent que la BCE interviendra pour acheter des titres espagnols afin de limiter la progression des taux et de manière à donner un signal clair selon lequel maintenir la zone euro constitue pour elle une priorité.