L’Italie a levé 5,73 milliards d’euros aujourd’hui. Cela correspond au milieu de la fourchette qui a été fixée. Les investisseurs domestiques ont fortement contribué à la collecte.

Le taux à dix ans italien a dépassé le seuil des 6% pour la première fois depuis la mi-mai. Il a grimpé de 17 points de base par rapport à mardi.

L’insuccès de cette adjudication s’explique en grande partie par les inquiétudes des opérateurs de marché s’agissant des besoins de recapitalisation du secteur bancaire espagnol.

Le gouvernement de Mariano Rajoy escompte injecter 19 milliards supplémentaires pour venir en aide à la troisième banque nationale Bankia. La volonté a été affichée de prendre appuie sur la Banque centrale européenne pour une partie des fonds, en empruntant auprès de l’institution monétaire un emprunt à trois mois. Cependant la BCE a opposé son refus à cette idée.

Selon Ewald Nowotny, membre de la BCE, c’est aux gouvernements qu’incombe l’obligation de secourir les banques défaillantes. Cette position amène à penser que la Banque centrale n’est pas encore prête à s’impliquer davantage dans la résolution de la crise et accentue la probabilité d’une demande d’aide financière extérieure par l’Espagne.

Le taux à dix ans espagnol a atteint 6,7%, en hausse de 19 points de base. A l’inverse le taux à dix ans allemand a reculé à 1,32% sous l’impulsion de l'accentuation de la fuite  des investisseurs  vers les actifs les plus sûrs. Le taux à deux ans allemand a atteint 0,01%.

Le spread du CDS sur l’Espagne, à cinq ans (sorte de contrat d’assurance destiné à protéger les créanciers contre des pertes éventuelles liées à un défaut du pays) a progressé de 25 points de base à 583 points. Cela signifie qu’il coute à présent environ 585 000 dollars par an pour assurer 10 millions de dollars de titres de dette émis par le pays.

Le spread de CDS de l’Italie est, quant à lui, monté de 28 points de base, à 544 points.