Quatre représentants officiels de l’Union européenne auraient indiqué aux journalistes de Reuters que les 17 Etats membres de la zone euro tiendront une conférence téléphonique ce samedi pour discuter de la demande formulée par l’Espagne pour un plan d’aide.

Aucun montant n’a été avancé sur le montant que pourrait équivaloir cette aide. L’Eurogroupe devrait publier un communiqué samedi après-midi à l’issue de la conférence.

Aucun représentant du gouvernement espagnol n’a souhaité confirmé la véracité de cette rumeur. La porte parole officielle a seulement rappelé que le premier ministre, Mariano Rajoy, avait indiqué jeudi qu’il attendrait les résultats de deux audits externes censés être communiqués à la fin du mois avant de se diriger vers les instances européennes.

Cependant, il semblerait que les pressions exercées par les marchés aient quelque peu précipité les choses.

La décision aurait notamment été prise après que l’agence de notation Fitch ait décidé de dégrader la note de crédit long terme de l’Espagne de trois crans, de A à BBB ainsi que la note de 11 gouvernements locaux et régionaux et de cinq entités liées au secteur public.

Fitch a justifié ce mouvement par la mise en évidence de deux risques importants auxquels le pays est actuellement confronté.
Le premier risque est lié à la vulnérabilité du secteur bancaire espagnol à la suite de l’éclatement d’une bulle immobilière en 2008, de la récession économique qui a touché le pays, et de la forte hausse du taux de chômage.
Pour l’agence, le besoin de recapitalisation de ce secteur serait compris entre 60 et 100 milliards d’euros, ce qui représente entre 6 et 9% du PIB espagnol.
Le gouverneur de la Banque centrale d’Espagne a signalé jeudi que 9 milliards d’euros serait notamment indispensables pour couvrir les pertes additionnelles des banques CatalunyaCaixa et NovaGalicia.

Le second risque souligné par Fitch est celui de l'exposition à l’effet de contagion que produirait une aggravation de la crise de la dette en Grèce, notamment après les prochaines élections législatives du 17 juin.

Si l'aide était effectivement sollicitée, elle pourrait émaner soit du Fonds européen de stabilité financière, soit du Mécanisme européen de stabilité. Elle ne concernerait que le secteur bancaire et n’aurait pas pour conséquence de retirer l’Espagne des marchés financiers.