Pourquoi la zone euro est-elle attaquée alors que le déficit et la dette publique y sont moins importants, au niveau des 17 Etats membres, que ceux des Etats-Unis ou du Japon ?

« La crise de la zone euro n’est pas qu’une crise de la dette », répond Vincent Treulet, responsable de la stratégie de BNP Paribas AM. « Le problème de fond, au-delà des déficits de tel ou tel Etat, est que la zone euro est une union monétaire simple », sans les mécanismes de solidarité qui existent, par exemple, aux Etats-Unis.

D’où les craintes « d’éclatement » de la zone euro, à ne pas confondre, selon lui, avec la disparition pure et simple de l’euro. « Si la zone euro ne va pas vers une fédération, il est probable que certains pays en sortent. Pour autant, cela ne signifie pas la fin de l’euro. L’euro restera la monnaie commune des Etats ‘cœur’ de l’Europe », estime Vincent Treulet.

Aucune crainte de disparition de l’euro n’est d'ailleurs intégrée dans les cours. La monnaie européenne reste à un niveau supérieur à sa tendance de long terme, estimée autour de 1,17 dollar pour un euro. Elle pourrait même remonter en cas de sortie des pays les plus faibles de la zone.

« Si la Grèce sortait de la zone euro, le choc financier serait absorbable », juge Vincent Treulet. « En revanche, cela aurait un impact économique difficile à quantifier. Dans les pays les plus fragiles comme l’Espagne et le Portugal, cela affectera certainement la confiance des ménages et l’investissement ».

Par conséquent, la meilleure solution consiste à faire en sorte que la Grèce reste dans la zone euro, quitte à rendre plus acceptables les conditions de son maintien, et à poser les jalons d’une union politique.