Le gouvernement espagnol s’est résigné, ce week-end, à solliciter une aide financière extérieure aux dirigeants européens pour contribuer à la recapitalisation de son secteur bancaire sinistré.

Le premier ministre Mariano Rojoy s’était alors enorgueilli samedi de ce que l’aide sollicitée et accordée ne serait pas soumise à un programme d’austérité, avançant que le secours apporté n’était en rien similaire à celui envisagé pour la Grèce, l’Irlande ou le Portugal.

Cependant, le commissaire européen à la concurrence, Joaquin Almunia et le ministre allemand des finances Wolfgang Schaeuble ont tout deux signalé que comme dans les procédures définies pour ces trois derniers pays, l’Espagne sera soumise à la supervision des représentants de la Troïka.

«Quiconque donne de l’argent, ne le donne jamais sans conditions» a déclaré M Almunia à la radio espagnole Cadena Ser.
«Les banques qui recevront des fonds devront présenter un plan de restructuration. Il y aura bien entendu une supervision pour s’assurer que ces plans seront respectés » a affirmé M Schaeuble à la radio allemande Deutschlandfunk.

Le FMI sera pleinement impliqué dans cette supervision quand bien même il ne devrait pas contribuer à l’aide consentie.

«Il est essentiel pour les Pays-Bas que le FMI soit impliqué dans le processus de supervision : pour apprécier la demande officielle d’aide, pour déterminer les conditions et pour en contrôle le progrès [dans les mesures prises par les banques espagnoles qui auront bénéficié de l’aide]» a soutenu Jan Kees, le ministre des finances néerlandais.

Pour de nombreux experts, il y a de fortes chances que l’Espagne ressente finalement le besoin, au cours des prochains mois, de solliciter une aide financière analogue à celle demandée par la Grèce, l’Irlande et le Portugal en vue de l’aider à assainir, non plus cette fois-ci son secteur bancaire, mais ses finances publiques.

Effectivement, Madrid doit refinancer 82,5 milliards d’euros de titres de dette arrivant à échéance d’ici la fin de l’année. Les régions espagnoles devront, quant à elles, refinancer 15,7 milliards d’euros supplémentaires. Le gouvernement central et les régions seront, qui plus est, contraints à financer un déficit de 52 milliards d’euros cette année.

Parallèlement, l’aide fournie au secteur bancaire espagnole aura pour effet de faire monter le ratio dette sur PIB de l'Espagne à un niveau proche des 90% tandis que le pays doit faire face à une forte récession et à un taux de chômage qui avoisine les 25%.

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