Jusqu’ici le gouvernement chypriote a été réticent à demander de l’aide à l’Union européenne. Pour éviter d’être soumis à un programme d’austérité, Chypre a préféré chercher appui auprès de la Russie.

Cependant, l’aide sollicitée par l’Espagne a quelque peu changé la donne. Le premier ministre espagnol Mariano Rajoy a obtenu des dirigeants européens le consentement d’une aide de 100 milliards d’euros pour soutenir le secteur bancaire espagnol sans pour autant assujettir les finances publiques à un quelconque programme d’austérité.

Chypre veut saisir cette opportunité pour réclamer une aide similaire. 

La problématique de Chypre ressemble à celle de l’Espagne en ce qu’elle est liée à son secteur bancaire. Les grandes banques du pays, notamment la Banque de Chypre et la Banque Populaire de Chypre ont du subir des pertes importantes en raison de la crise que traverse la Grèce. Celles-ci étaient massivement engagées dans des prêts accordés à la fois au gouvernement grec, mais également aux agents privés grecs, entreprises et ménages.

Pour le moment la décision de solliciter formellement une aide auprès des dirigeants européens n’a pas été prise. Mais le temps est compté pour Chypre dans la mesure où le pays doit prendre la tête de la présidence de l’Union européenne le 1er juillet.

Par ailleurs, l’issue des prochaines élections législatives en Grèce qui auront lieu dimanche prochain pourrait bien intensifier les pressions sur les banques chypriotes si une course au retrait des dépôts bancaires venait à se dessiner.

Lundi, le ministre des finances chypriote, Vassos Shiarly, a déclaré publiquement qu’une aide auprès de l’Union européenne était sérieusement considérée. «Chypre a une bonne possibilité d’obtenir cette aide à des conditions favorables en raison de son faible déficit budgétaire et de son faible niveau d’endettement comparativement à d’autres pays membres de l’UE» a-t-il précisé. Ce dernier a ajouté qu’un prêt auprès d’un pays tiers était également une option envisagée.

Selon l’agence de notation Moody’s, le besoin de recapitalisation du secteur bancaire chypriote pourrait couter au gouvernement 20% du PIB national.