Si d'un côté, les élections législatives qui se sont déroulées dimanche soit positive pour le maintien de la Grèce dans la zone euro, de l'autre, les difficultés de l’Espagne semblent s’amplifier. Le taux à dix ans espagnol a atteint un nouveau record ce lundi matin, à 7,13%. La hausse représente 26 points de base par rapport au précédent taux enregistré. L’écart avec le taux à dix ans allemand se situe dorénavant à 569 points de base.

Les investisseurs tablent de plus en plus sur la nécessité de l’Espagne de faire appel à une seconde  aide extérieure pour venir à bout de l’opération de recapitalisation du secteur bancaire et du processus d’assainissement de ses finances publiques.

Fidelity Investments, Frankfurt Trust et Principal Investment Management qui gèrent à tous trois 3 300 milliards de dollars ont notamment signalé que l’Espagne devra certainement demander une nouvelle aide à l’Union européenne et au Fonds monétaire international-de manière similaire à la Grèce, au Portugal, et à l’Irlande- suite à la fermeture de son accès aux marchés de capitaux pour se refinancer.

Les obligations espagnoles sont les obligations qui ont le moins bien performé relativement à un panel de 26 obligations souveraines de pays développés depuis le 9 juin. A cette date correspond l’annonce par le ministre de l’économie espagnol Luis de Guindos selon laquelle le gouvernement aurait sollicité une aide de 100 milliards d’euros pour soutenir ses banques défaillantes.

Pour les analystes de Fidelity, le programme de refinancement de l’Espagne pour les trois prochaines années devrait couter 300 milliards d’euros aux autorités publiques en plus des 100 milliards d’euros qui devraient être engagés dans le secteur bancaire. Ces 100 milliards d’euros à eux seuls devraient élever le taux de dette de l’Espagne à 90% du PIB a avancé l’agence Moody’s le 14 juin dernier.

Pour les analystes de Principal Investment, l’appui financier qui a été réclamé n’a pas aidé le pays à restaurer se crédibilité, au contraire. Le fait que cette aide puisse émaner du Mécanisme européen de stabilité a rendu les investisseurs encore plus craintifs. Si tel était le cas, cela signifierait que le remboursement de l’aide accordée sera prioritaire par rapport à celui des détenteurs classiques d’obligations espagnoles si jamais la dette de l'Espagne venait à être restructurée.

Cette éventualité a entrainé une forte accentuation du coût de CDS sur les obligations espagnoles (sorte de police d’assurance permettant de récupérer le capital investi en cas de défaut du pays) à 607 points de base.

Les investisseurs étrangers se sont, de ce fait, massivement retirés du compartiment obligataire espagnol.

Le taux de détention des titres de dette espagnols par ces investisseurs était déjà tombé de 52% en décembre à 38% en avril.