C’est un tableau plus sombre qu’il y a quelques mois qui a été dévoilé mardi par le Fonds monétaire international (FMI). « Globalement, la croissance mondiale est révisée à la baisse à 3,3 % cette année et reste anémique en 2013, à 3,6 % », indique le Fonds dans la dernière livraison de ses Perspectives de l’économie mondiale. Les raisons de cette baisse de régime résident dans la compression des dépenses publiques dans un certain nombre de pays et dans la faiblesse persistante du système financier.

Le ralentissement est particulièrement sensible dans les pays industrialisés, dont la croissance est attendue autour de 1,3 % cette année, contre 1,6 % l'an dernier et 3% en 2010, précise le FMI.

Pour la France, le Fonds prévoit désormais une croissance de 0,1% cette année et de 0,4% seulement en 2013, deux fois moindre que celle attendue par le gouvernement (+0,8%). L'organisation dirigée par Christine Lagarde s'attend ainsi à ce que Paris soit incapable de tenir ses engagements en matière de réduction du déficit public, et notamment celui de contenir le déficit à 3% du produit intérieur brut (PIB) l'an prochain. A condition que la crise en zone euro ne s’aggrave pas davantage, la France ne peut espérer réduire son déficit qu’à 4,7% cette année et 3,5% l'an prochain, précise le FMI.

Réformer le travail


Pour autant, le Fonds n’appelle pas la France à se serrer davantage la ceinture. Au contraire, « si la croissance devait tomber nettement en dessous des prévisions des perspectives économiques mondiales actuelles, les pays disposant d'une marge de manoeuvre devraient adoucir l'ajustement prévu pour 2013 et au-delà », explique-t-il en citant entre autres la France et le Royaume-Uni parmi les Etats concernés.

Plutôt qu’une baisse des dépenses publiques ou un relèvement des impôts, le FMI plaide pour une réforme du marché du travail, saluant la volonté du gouvernement français d’alléger les charges pesant sur les salaires. « Parmi les grandes économies de la zone euro, des politiques qui se traduiraient par une hausse de la demande intérieure en Allemagne et par une hausse de compétitivité en France, en Italie et en Espagne seraient profitables », conclut le rapport.