La Grèce demeure embourbée dans ses difficultés. Un rapport des membres de la Troika (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) portant sur l’évaluation des finances publiques de la Grèce devrait bientôt attester de la gravité de la situation.

Afin de tenter d’aider la péninsule hellénique à s’en sortir, la suggestion a été faite de procéder à une nouvelle décote de la dette grecque détenue par les Etats membres de la zone euro et par la Banque centrale européenne.

L’Allemagne se montre absolument réticente à cette idée.
«La loi de finance allemande stipule, dans son article 39, que les crédits peuvent uniquement être consentis lorsqu’il est considéré improbable qu’il y aura un défaut [ce qui n'est pas le cas en l'occurence]» aurait assuré ce lundi, Steffen Seibert, le porte-parole de la chancelière Angela Merkel. 
Autoriser une nouvelle restructuration de la dette grecque en vue de permettre à la péninsule hellénique de rester dans la zone euro n’est ainsi, techniquement parlant, guère une option envisageable.

Dimanche, dans le cadre d’une interview accordée à la radio allemande, le ministre des finances Wolfgang Schaüble a qualifié l’option d’une nouvelle restructuration de la dette grecque d’«irréaliste ».
Il s’est montré en revanche plus ouvert à l’hypothèse d’une décote par la Banque centrale européenne d’une partie de la dette grecque qu’elle détient.

Cependant l’institution monétaire n'est pas de cet avis. Celle-ci n'est pas non plus encline à accepter de renoncer à une partie du remboursement qui lui est dû.

S’exprimant à Vienne, Ewald Nowotny, membre du conseil d’administration de la BCE et gouverneur de la banque centrale d’Autriche a avancé : «pour la BCE, effacer une partie de la dette grecque n’est pas concevable car cela équivaudrait à un financement indirect des Etats. De ce fait, la BCE ne peut certainement pas adhérer à une telle solution».