Le premier ministre espagnol refuse de frapper à la porte du Fonds de secours européen pour demander une nouvelle aide (en plus de celle accordée pour soutenir le secteur bancaire national, à hauteur de 100 milliards d’euros), à moins d’avoir une garantie que cette nouvelle aide ne sera pas vaine.

« Si nous demeurons avec les mêmes coûts de refinancement, alors il n’y a pas de sens à demander de l’aide » aurait déclaré Mariano Rajoy dans une interview accordée à la radio ce mardi, d'après le Financial Times. «De combien sera réduite la prime de risque ? Si elle reste à 400 points de base et ne descend pas à 200 points, alors cela ne servira à rien » a-t-il ajouté.

L’appel au Fonds de secours est une condition sine qua non pour déclencher le programme de rachat des titres de dette de la part de la Banque centrale européenne.
Les opérations réalisées par l’institution monétaire sont destinées alors à faire reculer les taux obligataires espagnols et à diminuer le coût de refinancement  de l'Espagne sur les marchés. Cependant la BCE s’est vigoureusement refusée à mettre en avant un objectif de taux explicite.

Lundi, le ministre de l’économie espagnol Luis de Guindos a assuré n’avoir reçu aucune pression des membres du G20 pour faire appel d’une nouvelle aide. «Aucune pression, d’aucune sorte n’a été faite et le gouvernement ne l’accepterait pas».

Réunir le maximum de conditions favorables

De manière à mettre le maximum de billes de son côté, le gouvernement espagnol décidé lundi de bloquer la nomination du gouverneur de la Banque centrale de Luxembourg, Yves Mersch, au poste d’administrateur au sein du conseil exécutif de la Banque centrale européenne.

Le prétexte retenu est lié à au processus de nomination utilisé. Le Conseil européen a tenté de sécuriser la nomination de M Mersch par une procédure écrite, une méthode de nomination accélérée. En cela, pour les autorités espagnoles, un débat en bonne et due forme n’a pas eu lieu pour discuter de cette nomination.

Le gouvernement a également pris appui sur une note rédigée par le Parlement européen pour fonder son opposition. L’organe législatif de l’Union européenne a reproché le fait que le conseil exécutif de la BCE n’était pas suffisamment composé de femmes.

Au-delà du process de nomination, et de la composition du conseil, le gouvernement souhaiterait avant tout proposer à la place de M Mersch un candidat espagnol au poste d’administrateur.

A noter que M Mersch devait en principe succéder à un espagnol, José Manuel González-Páramo dont le mandat a expiré le 31 mai dernier.

La candidature du gouverneur luxembourgeois avait été alors très appuyée par les autorités allemandes.