Le relèvement du niveau d’inflation comme ont pu le faire d’autres grandes banques centrales comme la Banque centrale du Japon n’est pas une hypothèse plausible pour la BCE. «Chaque Banque centrale a son cadre institutionnel, son mandat, ses objectifs. Chaque Banque centrale s’efforce ainsi de piloter les anticipations du secteur privé comme cela lui est permis de le faire. La BCE a pour mandat la stabilité des prix à 2%. A ce titre, elle met en œuvre son mandat comme il le convient» a commenté Mario Draghi lors de la conférence tenue ce jeudi après-midi.

Cette remarque conduit le gouverneur a également exclure l’option de définir, à l’instar de la Réserve fédérale américaine, un objectif de taux de chômage. Cette dernière institution s’était fixée une cible de 6,5%. «Nous n’avons pas dans notre mandat pour objectif le plein emploi. La BCE prend bien entendu en considération le niveau de taux de chômage pour définir sa politique dans la mesure où ce taux de chômage peut avoir des répercussions sur la stabilité des prix. Nous ne pouvons pas cependant pas agir directement dessus. Ce d’autant plus qu’une partie de ce chômage est structurel et s’explique donc par des spécificités propres à certains pays».

La fixation d’un certain niveau ou d’une fourchette de taux de change, ne sera pas non plus un outil dont la BCE se servira dans le cadre de sa politique. «Ce taux de change est un paramètre essentiel à prendre en compte dans l’analyse de la situation mais ne peut pas constituer un objectif de la politique monétaire».

Pas d’opération de refinancement à long terme en vue

Selon Mario Draghi, une nouvelle opération de refinancement des banques européennes à long terme à des conditions avantageuses, telles celles lancées en décembre 2011 et en février 2012, n’est pas à l’ordre du jour.
D’aucuns pourraient penser qu’une telle opération serait bienvenue pour accroître le volume de prêts aux ménages et aux entreprises par les banques.
Tel n’est pas l’avis du responsable de la BCE. «Ces opérations étaient destinées à traiter une pénurie de financement et à écarter un risque systémique. Nous ne sommes plus dans cette configuration ».

Il semble donc qu’à ce jour, les seuls points sur lesquels la BCE pourrait agir dans les mois à venir résident dans la baisse de son taux directeur, la baisse du taux de réserves obligatoires, la baisse du taux de rémunération des banques auprès de l’institution monétaire, le lancement des opérations de rachat des titres de dette des pays membres de la zone euro en difficulté pour réduire leur coût de refinancement.

Ces opérations ne seront cependant pas comparables aux programmes de rachat lancés par la Fed, la Banque centrale du Japon ou encore la Banque centrale d'Angleterre.

A lire également :

« Pourquoi la BCE n'a pas diminué son taux directeur selon Mario Draghi »


« Il n'y a pas d'exubérance sur les marchés actions »