Depuis le début de l’année, l’euro a gagné 1,64% contre le dollar.

Pour Mario Draghi, la remontée de la monnaie unique constitue un signe de retour de la confiance sur l’évolution de la zone euro.
Elle serait, en outre, influencée par des mesures de politique macroéconomique menées par certaines banques centrales, par exemple l’annonce du maintien de taux directeur bas sur une longue durée (pour la Réserve fédérale américaine), ou la modification de la cible d’inflation (pour la Banque centrale du Japon).

Elle n’est, en revanche, pas la conséquence de comportements délibérés ciblés de certaines banques centrales qui se seraient livrées à une guerre des monnaies pour abaisser le cours de leur devise, et relancer leur économie en dopant les exportations. « Nous n’assistons pas à une dévaluation compétitive des monnaies comme par le passé » assure Mario Draghi.

Le risque d'un dérapage n’est pas exclu cependant.

Il n’est pas impossible, qu'à l'avenir l’orientation des investisseurs sur le marché des changes soit fortement guidée  par des comportements de gouvernements et de banques centrales non conformes aux engagements pris dans le cadre du G20. Dans ce cas, la BCE devra agir.

«Le change ne constitue pas un objectif de la politique monétaire de la Banque centrale européenne mais il est important pour la croissance et pour la stabilité des prix» a précisé Mario Draghi.

Ce faisant, la BCE interviendra si elle estime que la valeur atteinte par l’euro est un risque pour l’inflation. «Pour le moment, les anticipations d’inflation sont bien ancrées. Les éléments de pression à la hausse (élévation des tarifs réglementés, augmentation de la fiscalité, accroissement du prix du pétrole) sont équilibrés avec les éléments de pression à la baisse (ralentissement de l’activité économique et appréciation de l’euro)», indique M Draghi.

L’intervention de la BCE, si elle a lieu, se fera dans un premier temps à travers une diminution du taux directeur, laissé inchangé à 0,75%, ce jour.

Elle se fera, par ailleurs, en toute indépendance. Questionné sur l’accueil fait à la déclaration du président français François Hollande selon laquelle la BCE se devait d’être plus active au sujet du change, Mario Draghi a clairement signifié que la décision de l’institution monétaire serait prise séparément de toute réclamation faite par tel ou tel dirigeant politique.
«L’indépendance d’une Banque centrale est un composante nécessaire à sa crédibilité. Si cette indépendance venait à être remise en cause, les mesures prises pour assurer la stabilité des prix n’auront plus la même efficacité ».

La BCE suivra donc de près les évolutions sur le marché monétaire et les prévisions d’inflation des investisseurs pour déterminer la marche à suivre vis-à-vis de la valeur de l’euro. «Il nous faut attendre de voir quelle sera la réaction des marchés».